Existe-t-il une plate-forme de smartphone idéale pour l’entreprise ?

L’informatique se voit chargée de trouver une plate-forme à la fois efficace, sécurisée, facile à configurer et à gérer. Mais aussi suffisamment souple pour répondre aux besoins des employés comme de la direction.

Le choix d’une plate-forme de smartphone pour l’entreprise est l’une des problématiques majeures auxquelles doivent faire face les responsables informatiques en 2011. L’informatique se voit en effet chargée de trouver une plate-forme de smartphone à la fois efficace, sécurisée, facile à configurer et à gérer et suffisamment souple pour répondre aux besoins des employés comme de la direction.

Les critères de sélection ne doivent pas seulement porter sur les caractéristiques physiques des appareils, mais aussi sur la nature et la dangerosité des menaces présentées par les failles de sécurité. Par exemple, les téléphones sont plus facilement égarés ou volés que les ordinateurs portables, alors que leur perte ou leur vol peut rendre vulnérables des données extrêmement sensibles ou personnelles. En outre, des logiciels malveillants, notamment d'espionnage et de surveillance, peuvent représenter de sérieuses menaces pour certaines plates-formes de smartphone.
 
Qui plus est, toutes les plates-formes ne sont pas sur un pied d'égalité. Certaines rendent plus difficile l'application efficace de règles de sécurité de base (tel que l'obligation d'utiliser des mots de passe, l'effacement à distance ou le cryptage des données). Si quelques règles - par exemple, l'obligation de signaler la perte ou le vol d'un téléphone - sont indépendantes de la plate-forme, d'autres - notamment la limitation de l'accès à certains types d'appareils ou la hiérarchisation de la bande passante pour le trafic des smartphones - dépendent des fonctionnalités disponibles sur la plate-forme retenue.
 
Avantages et inconvénients des principales plates-formes de smartphone
Dans les environnements d'entreprise, cinq plates-formes principales rivalisent de performances d'un point de vue applicatif négligeant parfois les aspects sécuritaires.
 
Google Android rencontre un grand succès sur le marché, les fabricants de téléphones ayant été séduits par ce système d'exploitation Open Source. Selon les prévisions des analystes, il s'agira de l'une des plates-formes dominantes dans l'univers des smartphones au cours des prochaines années. Initialement considéré comme une plate-forme grand public au modèle applicatif moins restrictif et plus souple que l'iPhone, Android n'a cessé de se renforcer sur le plan de la sécurité au fil de ses versions successives. Des fonctions supplémentaires, tels que l'effacement à distance et de nouvelles règles en matière de mot de passe, ainsi que le cryptage total de l'appareil prévu courant 2011, viennent augmenter son attrait pour les professionnels.
 
Apple iOS (iPhone/iPad) est un véritable phénomène clivant, l'iPhone demeurant le smartphone de prédilection des consommateurs amateurs de design. Toutefois, les entreprises ne partagent pas toutes l'enthousiasme du public pour le produit emblématique d'Apple. La marque met avant son écosystème iOS, fermé et étroitement contrôlé, comme un avantage en matière de sécurité. Or, les responsables informatiques désireux de déployer leurs propres applications ou bien des logiciels tiers dignes de confiance n'apprécient pas de ne pouvoir procéder à leur distribution, à leur installation et à leur sauvegarde sans passer par l'Apple Store et iTunes.

En outre, des outils de débridage (jailbreak) très répandus permettent de contourner les fonctions de sécurité intégrées de l'iPhone et donc d'y installer un grand nombre d'applications non autorisées et non signées. Pour autant, en offrant une capacité de VPN en standard, en donnant accès à certaines fonctionnalités de Microsoft® Exchange ou encore en incorporant l'effacement et la gestion à distance dans iOS4, l'iPhone a gagné en crédibilité auprès des entreprises. Pour nombre d'entre elles, il demeure cependant des obstacles rédhibitoires tels que l'absence d'une administration centralisée et d'un cryptage complet de l'appareil.
 
Quand à Microsoft Windows Phone, le lancement en 2010 de Windows Phone 7 a suscité beaucoup d'intérêt. Le récent partenariat de Microsoft avec Nokia pourrait contribuer à mettre Windows sous les feux des projecteurs. Cette dernière version en date du système d'exploitation mobile de Microsoft en améliore de nombreux aspects. En particulier, des fonctions de sécurisation des accès et d'intégration avec les applications Microsoft Back Office en font un puissant outil pour accéder aux données de l'entreprise en situation de mobilité.

A l'image d'Apple, toutefois, Microsoft doit encore proposer une console centrale pour la gestion à grande échelle des terminaux et son système est tributaire d'une boutique propriétaire, Windows Phone Marketplace, pour l'installation et la distribution des applications. En dépit d'avis élogieux, les analystes restent partagés quant à la viabilité à long terme de la plate-forme. Gartner prévoit que Windows Phone ne représentera que 5,2% du marché en 2011, tandis qu'IDC (dans une note signée le 19 décembre 2010 par son analyste Al Hilwa) se montre plus optimiste, invoquant une progression plus rapide que prévu du nombre des applications Windows Phone 7 ainsi qu'un solide écosystème de développeurs.
 
Les terminaux RIM Blackberry, quand à eux, ont longtemps été privilégiés en entreprise pour leurs excellentes capacités de messagerie, mais n'ont jamais bénéficié du même degré de prosélytisme de leurs utilisateurs que leurs concurrents plus prestigieux. En février 2011, la boutique d'applications pour Blackberry comptait encore moins de 20 000 titres, un nombre bien inférieur à l'offre pour iPhone et Android. En outre, le navigateur et l'interface du Blackberry ne rivalisent pas en termes de facilité d'utilisation avec ses principaux concurrents.

Cependant, avec 16% des ventes mondiales en 2010, la marque reste un acteur de poids, en particulier sur le marché des entreprises où sa plate-forme de messagerie universelle, la robustesse de son matériel et son autonomie de batterie sont autant d'atouts aux yeux des professionnels. Son atout maître est sans doute Blackberry Entreprise Server, qui apporte aux entreprises une administration centralisée et évoluée des terminaux, ainsi que le contrôle de sécurité à distance, qui demeure à ce jour une exclusivité parmi les fabricants de smartphones. Toutefois, avec l'intensification de la concurrence sur le marché, nombre d'entreprises considèrent Blackberry Entreprise Server comme l'une des solutions les plus coûteuses dans ce domaine.
 
Enfin, Nokia Symbian, qui demeure la plate-forme de smartphone la plus utilisée au monde, se classe confortablement en tête des ventes mondiales, avec une part de 37,6% en 2010 selon Gartner. Sa diffusion internationale, le coût relativement faible des terminaux et la maturité de ses logiciels séduisent un grand nombre de consommateurs et d'entreprises. En raison du modèle de sécurité Symbian, il est très difficile pour des logiciels non signés de causer des dommages aux téléphones ou aux données, quand bien même leur installation est autorisée par l'utilisateur. Cependant, son succès a pu parfois en faire la cible de programmes malveillants. Dernièrement, la plate-forme a vu sa part de marché s'éroder au profit de la concurrence, notamment le Blackberry, axé sur les entreprises, mais plus encore Android, dont la formidable progression en 2010 a touché Symbian plus durement que toute autre plate-forme. Début 2011, Nokia a annoncé un partenariat avec Microsoft, visant à installer le système d'exploitation Windows Phone 7 sur ses smartphones haut de gamme.
 
Un choix cornélien
Les smartphones sont un élément incontournable et largement bénéfique dans le paysage informatique de l'entreprise moderne. Ils ont le potentiel d'engendrer des gains de productivité, mais aussi des problèmes majeurs en matière de sécurité. Aucune plate-forme de smartphone n'excelle dans tous les aspects de la sécurité, la plupart des fabricants ayant tendance à se focaliser davantage sur l'ergonomie et la souplesse d'utilisation.

Cette situation peut être amenée à évoluer à mesure que les plates-formes se développeront. Pour l'avenir, par exemple, Android et Windows Phone semblent particulièrement bien placés pour commencer à répondre en profondeur aux exigences de sécurité des entreprises. En attendant, cependant, les responsables informatiques ne doivent pas s'en remettre uniquement aux fabricants pour faire face aux problématiques de sécurité des smartphones, mais rechercher des solutions plus globales qui assurent la protection complète des informations et ressources de l'entreprise, durant leur stockage ou leur transfert, quelle que soit la plate-forme de terminal utilisée.

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