Piloter dans le Cloud externalisé sans gouvernance : risque d'atterrissage forçé ou de crash

Envisager de passer à une architecture externalisée de type cloud sans avoir mis en place une gouvernance informatique solide et un volet particulier correspondant à ce type de fonctionnement est une fuite en avant aussi inconcevable que piloter un avion dans le brouillard sans instruments ni contrôles.

Piloter un service informatique , c'est un peu comme piloter un avion : il faut des pilotes expérimentés , de bons instruments de navigation, des procédures et des contrôles stricts.
Le développement du cloud externalisé fournit une occasion de rapprocher encore ces deux formes de pilotage : l’appellation nébuleuse de cette nouvelle informatique évoque la conduite dans de mauvaises conditions de visibilité.
De plus, chacun sait que le cloud externalisé nécessite un renforcement du contrôle  des risques, tout comme la navigation dans le brouillard.
Il faut donc redoubler de vigilance et de préparation avant de se lancer dans ce type d'aventure. 
N'ayant aucune notion de pilotage, je suis néanmoins rassuré en montant à bord d'un avion car je me suis renseigné sur les règles de contrôle de la navigation aérienne et je sais qu'il y a en la matière une vraie gouvernance : contrôle, procédures, expérience , etc...
En revanche je me sens beaucoup moins rassuré par la perspective de "monter à bord" de l'informatique de certaines entreprises quand je constate le manque d'alignement stratégique avec les métiers qui la composent ou l'absence de procédures , les failles de sécurité , les informaticiens transformés en pompiers pour éteindre des incendies qu'ils ont allumé par accident : bref l'absence de gouvernance.
Si la gouvernance informatique n'est pas en place pour jouer son rôle de cadre solide, le passage au cloud est une fuite en avant, car cette nouvelle forme de sourcing est encore plus exigeante en matière de gouvernance.
C'est donc comme si l'on voulait piloter dans le brouillard sans instruments de navigation, de surcroît avec un pilote inexpérimenté .
Personne ne souhaite être passager d'un tel avion ! 
Il faut revenir un instant sur ce qu'est le cloud et ce qu'apporte concrètement cette technologie : si l'on retient seulement le caractère vague et nébuleux suggéré par le terme, on passera à côté de la notion essentielle sous-jacente à cette appellation : il s'agit de banaliser les ressources informatiques et de transformer la puissance du système d'information en un service facturable à la consommation comme l'électricité . 
Les Cloudophiles ou Cloudomanes utilisent les termes de SaaS ou IaaS (Software as a Service ou Infrastructure as a Service ) qui confirment bien cette caractéristique .
L'opérateur qui héberge le système d'information se charge de masquer la complexité de ces ressources vis à vis de son client qui paiera son informatique en fonction de sa consommation réelle. Ce concept n'est pas nouveau : il y a plusieurs années on parlait d'informatique à la demande sans avoir vraiment réussi à mettre en pratique cette belle idée. 
Les entreprises, PME en particulier dont l'activité est cyclique apprécieront certainement de pouvoir aligner les variations de leurs coûts de système d'information avec celles de leur activité plutôt que de supporter le fardeau d'un coût fixe de ce même système. Également, en période de crise quand il s'agit de réduire la voilure, la flexibilité du cloud peut être déterminante. Et, au contraire, une start-up, à décollage rapide aura besoin que son informatique suive sa montée en puissance et s’appuiera sur son opérateur cloud qui dispose des infrastructures pour fournir rapidement plus de puissance.
Comment la PME va-t-elle vérifier les factures transmises par l'opérateur si elle ne s'est pas dotée elle-même des moyens de mesurer la consommation informatique par les utilisateurs ou les directions métiers et de la contrôler ? 
Chacun d'entre nous ne vérifie-t-il pas ses relevés de compte en banque ? Ou de consommations téléphoniques ?
Cette PME va-t-elle faire une confiance aveugle à son fournisseur, à qui elle a déjà confié toutes ses données ?
Quand on parle de contrôle, vérifications, tableaux de bord et pilotage on est bien au cœur de la Gouvernance .

A toutes les entreprises qui s'apprêtent à évaluer l'intérêt d'une cloudification de leurs ressources , je formule les recommandations suivantes :
1.Revisiter la gouvernance du système d'information ou la consolider (si elle existe !).
2.S'assurer de la fluidité entre la gouvernance d'entreprise et celle du SI.
3.Envisager le passage au Cloud et mettre en balance coûts ,avantages, risques.
4.Mettre en place un volet particulier de la gouvernance pour le cloud.

Ainsi on évitera bien des catastrophes informatiques .....

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