Managers, comment prendre le pas du Réseau Social d’Entreprise ?

Pour toucher 50 millions d’utilisateurs, il a fallu 38 ans à la radio, 13 ans à la télévision, 4 ans pour internet, 3 ans pour l’iPod… tandis que Facebook a conquis 100 millions de membres en moins de 9 mois.

Au-delà de leur adoption massive par les internautes, la transparence véhiculée par ces réseaux de communication a bouleversé notre société. Les exemples sont multiples, notamment la place de ces nouveaux canaux de communication dans les révolutions arabes ayant permis aux militants de s’organiser en court-circuitant le système de censure en place.
Cette démocratisation de l’accès et de la diffusion de l’information s’impose comme véritable trame de fond de notre société et gagne progressivement les milieux professionnels avec l’introduction de nouveaux outils collaboratifs.

L’émergence des Réseaux Sociaux d’Entreprise  

Les réseaux sociaux d’entreprise (RSE) sont au service de l’innovation. Malgré la recherche continue d’une mesure de retour sur investissement significative, l’apport de la mise en place d’un RSE ne fait plus débat.

Dans son aspect purement conversationnel, il favorise la remontée des idées dans une logique « bottom-up », du bas de la hiérarchie vers le haut. Il permet également de renforcer la cohésion sociale et d’affirmer la culture d’entreprise.
En effet, les RSE prônent une collaboration basée sur la communication et le travail participatif.
La diffusion de bonnes pratiques et la facilitation de l’entraide sont alors les premiers bénéfices tirés de la mise en place d’un RSE.
Par ailleurs, la transversalité et la décentralisation des échanges engendrés par ces nouveaux outils remettent en question le système hiérarchique pyramidal. De nouveaux circuits de diffusion de l’information font leur apparition au sein de l’entreprise notamment grâce à la présence d’un annuaire enrichi sur lequel s’adossent les RSE. En effet, plus qu’un simple annuaire de contacts, l’annuaire enrichi permet aux collaborateurs de parcourir des profils, d’identifier et de contacter directement la personne compétente et susceptible d’apporter des réponses à ses interrogations au sein de l’entreprise. L’émergence du RSE au sein de l’entreprise constitue donc un bouleversement de la fonction du manager, celui-ci n’étant plus l’unique canal d’information.
 

Le manager au centre du RSE  

Mettre en place un réseau social d’entreprise, c’est donc transformer d’une part la coordination des tâches opérationnelles mais c’est également engendrer, dans une certaine mesure, une diminution de la capacité du manager à maîtriser l’accès et la diffusion de l’information au sein de l’entreprise.
La solution, afin d’éviter les dérives et d’exploiter au mieux le potentiel de ces nouveaux outils, réside dans une forte implication des managers sur ces plateformes.
L’implication du manager, véritable facteur clé de succès de l’adoption du RSE, se traduit en premier lieu par une appropriation de l’outil, passant par la compréhension et la maîtrise des différentes fonctionnalités proposées. Le manager est désormais en mesure d’identifier les processus clés pour lesquels le RSE constituerait une piste d’amélioration. L’intégration de ces fonctionnalités dans les processus classiques de l’entreprise constitue par ailleurs un vecteur de fréquentation. En effet, en mettant, par exemple, à disposition certaines informations essentielles au déroulement des projets sur le réseau, le manager rend ainsi sa fréquentation  quasi-quotidienne.
Le manager incite par ce biais, au passage sur la plateforme et suscite les interactions adoptant ainsi une position de « facilitateur des échanges ».
Par ailleurs, la réussite du RSE passe également par une implication du manager en tant que modérateur des échanges. Toute la subtilité demeure dans une prise de position claire du manager. Sa présence en tant que membre actif permet de susciter l’intérêt, d’animer les communautés et d’établir un modèle de contribution. Il pourra alors prévenir les éventuels dérapages, qu’il s'agisse d’un vocabulaire inadapté ou bien de sujets abordés de manière inappropriée dans un contexte professionnel. Cependant, tout l’enjeu de cette posture consiste à modérer les interactions sans pour autant transformer le RSE en lieu d’évaluation informelle de ses membres, ce qui aurait pour conséquence d’inhiber les échanges.
Il encourage et oriente les interactions afin d’éviter la perte de visibilité sur les activités de son équipe. Sa position centrale lui permet également de véhiculer les usages et bonnes pratiques quant à l’utilisation du RSE : il se trouve ainsi au cœur des échanges. Cette veille opérée par le manager sur la diffusion et la confrontation d’informations favorise ainsi l’émergence d’idées nouvelles et de surcroit l’innovation.
Afin d’exploiter au mieux les synergies positives inhérentes aux réseaux sociaux d’entreprise, la mise en place d’un management de proximité permet d’assurer la cohérence du rôle de catalyseur du manager sur ces plateformes.
L’engagement des managers est donc un des leviers essentiels menant à l’appropriation d’un RSE par tous les collaborateurs. C’est avec une appropriation la plus étendue possible que les échanges au sein de l’entreprise pourront être optimisés, menant ainsi à une innovation créatrice de valeur.
« Il y a 10 ans l’e-mail a été identifié comme un nouveau canal de communication, en 2008 on fait le même constat avec les RSE qui guideront les principaux développements IT de la prochaine décennie [1]».
Ce marché reste récent, aussi la véritable identité du réseau social d’entreprise est encore en mouvement. Cependant, ses bénéfices sont d’ores et déjà visibles dans de nombreuses entreprises.

Chronique rédigée par Thomas Rougeau et Gladys Lioné

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[1] Communiqué de presse Paris – JeeMeo Février 2011

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