API et micro-services : au cœur de la transformation numérique

N'est pas GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) ou NATU (Netflix, Airbnb, Tesla et Uber) qui veut. Cependant, les grandes entreprises, celles qui ont débuté leur activité quand l'informatique restait à construire, gardent toutes leurs chances de remporter le trophée.

Développement et déploiement distribué : le secret des leaders du numérique

Avant d'être fournisseurs de services, les NATU et les GAFA sont d’abord des éditeurs de logiciels. Et pas n'importe quels logiciels. Des logiciels immensément scalables, adaptables, flexibles et évolutifs. Des logiciels qui font le business et assurent une croissance rapide à ces « gazelles », et sont à ce titre, particulièrement fiables et sécurisés, mais aussi, et surtout, ouverts aux partenaires et à l’innovation, au sens large, par le jeu des API (Application Programming Interface).

Pour parvenir à ce qu'ils sont aujourd'hui, ces « software companies » ont développé le concept de micro-services, dont la finalité est d'aboutir au Graal du développement : profiter de composants réutilisables à l'envi, indépendants les uns des autres, et pouvant être assemblés à la volée. C'est en quelque sorte la reprise du concept des librairies, sans la contrainte d'une unique zone mémoire partagée, et présentant en revanche le bénéfice d'une distribution à deux niveaux, développement et déploiement.

Les micro-services : une nouvelle façon de concevoir les applications

Les micro-services sont des fonctions élémentaires qui s'appellent les unes les autres au travers du réseau via des API. Ces services sont suffisamment isolés les uns des autres pour pouvoir être « upgradés » et « downgradés » à la volée en production, sans perturber le processus global.

A la racine du développement de ces nouvelles applications conçues autour de micro-services se trouvent les API. On peut regarder les API comme le contrat initial définissant l'information à fournir et la base syntaxique sur laquelle l'information est fournie. Dans le respect de ce contrat, un ou plusieurs nouveaux micro-services peuvent être créés, modifiés, supprimés sans impacter d'aucune manière les autres projets.

Au-delà de cette flexibilité qui permet, à peu de frais, la mise en place d’une démarche de type essai-erreur, le succès de ces micro-services repose sur les épaules de toutes petites équipes agiles. Le principe du micro-service injecte de la flexibilité à un Système d’Information encore trop souvent monolithique. Une méthode à laquelle devrait songer toute entreprise qui souhaite se réorganiser autour de sa transformation numérique.

Les API : au cœur des systèmes

Les grandes entreprises traditionnelles disposent en général d'un parc applicatif gigantesque, de l'ordre de 5 à 10 000 applications, dont seule une toute petite proportion évolue régulièrement. Ce qui, à première vue, peut représenter un véritable frein face aux nouveaux concurrents. Mais qui peut également se révéler être un point d'appui, suffisamment solide, pour « soulever le monde » de demain.

En effet, les entreprises existantes ont d’ores et déjà validé de puissants et nombreux algorithmes et processus leur permettant de répondre aux exigences de leur métier. La plupart de ces fonctions est déjà disponible comme service et est particulièrement stable. Il suffit d’exposer ces fonctions au travers d’API pour qu’elles puissent interagir avec de nouveaux micro-services venant apporter la souplesse et l’évolutivité nécessaire à une transformation numérique réussie. Ainsi on pourra, par exemple, développer en mode micro-service des fonctions de gestion avancée de la relation client garantissant une expérience client à l’état de l’art et s’appuyant sur un moteur de facturation fonctionnant en Cobol sur un mainframe.

Cette approche permet de valoriser les équipes, les savoir-faire et les investissements passés en évitant le travail de déconstruction d’une informatique existante et de reconstruction d’une informatique idéale. Ce faisant, elle permet de proposer plus rapidement des réponses pérennes et viables aux exigences des métiers.

Les conditions du succès

Pour y parvenir, l’entreprise devra d'une part s'assurer de la solidité de son IT, en consolidant et standardisant les fonctions d’échange de données. Elle peut, par exemple, déployer des solutions EDI ou MFT offrant la rapidité de création de nouveaux flux, la capacité à monter en charge, la fiabilité et l’exposition des fonctions d’échange au travers d’API.

Elle devra, surtout, se doter d’une passerelle d’API permettant assurant le dialogue entre ses micro-services et ses macro-services. Mais pas seulement : un gateway d'API permettra en outre de sécuriser les accès au mainframe et de piloter les services existants depuis les nouvelles applications. Plus généralement, de disposer d'une gouvernance de l’ensemble de ces flux de données sous l'angle de la sécurité, du provisioning et de la supervision, et de profiter d'une visibilité de bout en bout des échanges avec une traçabilité maximale.

En d'autres termes, un socle applicatif pérenne doté de moyens de communication associés au principe des micro-services agissant comme un levier offre aux grandes entreprises la capacité de courir aussi vite et d'aller plus loin qu'une gazelle, voire qu'une licorne, la solidité en plus.

Dans la course à la transformation numérique les grandes entreprises ont le choix de profiter de leur inertie pour accélérer et s’ouvrir à de nouveaux relais de croissance ou de s’arrêter en chemin pour changer de véhicule.

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