Sun réussira-t-il son entrée sur le terrain des RIA ?

Après Adobe et Microsoft, c'est au tour de Sun de se positionner sur les interfaces Internet riches. Face à Flex et Silverlight, le groupe place toutes ses espérances dans la brique JavaFX.

Il aura fallu près d'un an entre son annonce et sa disponibilité, mais c'est désormais chose faite. Sun a levé le voile fin juillet sur une pré-version de son kit de développement JavaFX (JavaFX SDK Preview). Un outil conçu pour construire des applications Internet riches (RIA) en utilisant sa plate-forme Java. Avec cette technologie, le groupe entend proposer une alternative aux environnements Flex d'Adobe et WPF/Silverlight de Microsoft.

JavaFX est issu du projet F3 (Form Follows Function) de Chris Olivier. Cette technologie permet de projeter sur un navigateur client des appliquettes intégrant des animations 2D/3D, de l'audio, et de la vidéo (via le support de codecs). Extension du langage Java, JavaFX bénéficie des avantages de son modèle de programmation (structuration du code, réutilisation...). Et vis-à-vis de ses deux principaux concurrents, il bénéficie également de la portabilité de ce langage. Ce qui permet aux applications JavaFX de s'exécuter sur n'importe quel système disposant d'une machine virtuelle Java - de l'ordinateur de bureau au téléphone mobile.

JavaFX s'accompagne d'un éditeur graphique, JFX Builder, pour construire l'interface graphique et assembler les contenus multimédia. Il propose des fonctions de glisser-déposer accessibles sur le papier aux non-développeurs, ainsi qu'une possibilité d'intégration de dessins vectoriels (depuis Adobe Illustrator). Un plug-in existe également pour les environnements de développement NetBeans et Eclipse à destination des techniciens plus expérimentés, pour créer le socle de l'application et réaliser le travail d'intégration.

Un moteur d'exécution relativement plus lourd que ses concurrents

Grâce à cette panoplie, Sun ajoute une couche graphique de haut niveau à son infrastructure Java. Une couche, capable d'accéder à des données locales, des Web Services, ainsi que de publier des objets multimédia. Avec JavaFX, Sun cible à la fois les développeurs Web et les des graphistes (notamment compétents dans les technologies Adobe).

A terme, la solution RIA sera disponible à la fois pour les postes de travail (avec JavaFX Desktop), pour les mobiles (avec JavaFX Mobiles) et pour la télévision (via JavaFX TV). L'un des principaux inconvénients de cette technologie : son environnement d'exécution pèse environ 16 Mo, alors que celui de Flash se limite à 2 Mo, et celui de Silverlight 4 Mo.

 

De son côté, Adobe avance avec Flex un composant d'exécution multi-platefome (run time), AIR, qui supporte aussi bien les formats Flash que HTML et Ajax. Il permet d'exécuter les applications créées sous Flex à la fois en mode connecté et déconnecté. Quant à Silverlight, ou plutôt sa brique de base WPF, il est comparable à Adobe AIR. Il s'agit également d'un run time, mais basé sur .Net cette fois. Son objectif est d'étendre au Web les possibilités de développement qu'il était possible de réaliser jusque là sous Vista.

Face à WPF et Silverlight, Flex et JavaFX, il reste une troisième solution qui pourrait émerger prochainement. Promue par la fondation Mozilla (également à l'initiative de Firefox), il s'agit de Prism. Une brique conçue également pour développer des applications riches, connectées ou déconnectées.

Autour du même sujet