Matthew Lodge (VMWare) "Nous avons bon espoir qu'Apple nous permette de virtualiser l'iPhone OS"

Sur VMWorld Europe, le spécialiste de la virtualisation a mis en avant ses solutions pour la mobilité. Son directeur des services Cloud nous a détaillé la stratégie du groupe sur le terrain des smartphones et tablettes.

JDN Solutions. Quels sont aujourd'hui vos produits et vos projets en matière de mobilité ?

Matthew Lodge. Nous avons deux projets d'applications dans ce domaine. D'abord, VMware Horizon App Manager qui permet de gérer de façon unifiée les accès aux applications en mode SaaS, quels que soient le type d'appareil et l'OS sous-jacent côté client [ndlr cette solution reposera sur les standards d'identification unique SAML et OAuth]. L'idée est de rassembler en un point unique la gestion des identités et des privilèges pour les applications disponibles en mode Cloud.


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VMware Horizon Mobile permet de publier sur un smartphone Android un espace de travail virtuel, connecté et isolé du reste de d'OS. © VMWare

Ensuite, VMware Horizon Mobile qui est spécifiquement adapté aux OS et terminaux mobiles de type smartphone mais aussi tablette. Il permet aux DSI d'installer sur les terminaux des utilisateurs, y compris les terminaux personnels, un environnement professionnel sécurisé isolé de l'OS.


Il offre une console d'administration pour personnaliser cet espace de travail virtualisé à partir d'un catalogue d'applications mobiles prédéfini par l'entreprise au sein de l'outil.

VMware Horizon Mobile est conçu pour Android. Il est compatible avec les distributions Android et terminaux de Samsung et LG. Ce qui comprend à la fois les smartphones de ces fournisseurs, mais aussi leurs tablettes. VMware Horizon Mobile tourne donc sur la tablette Samsung Galaxy. Pour distribuer cet outil, nous signons des accords avec les constructeurs. Nous avons déjà conclu des partenariats avec Telefonica en Espagne et Verizon pour les Etats-Unis. Tout comme VMware Horizon App Manager, VMware Horizon Mobile sera disponible d'ici la fin de l'année.

600 opérateurs et FAI testent ou intègrent nos technologies de virtualisation et de Cloud

Quid de votre positionnement sur l'iPhone et l'iPad OS ?

Apple n'est pas coopératif. Même si nous avons la technologie pour le faire, nous ne pouvons donc pas proposer sur l'iOS, à la fois pour iPhone et iPad, ce que nous allons mettre en place avec Android. Mais, nous ne perdons pas espoir qu'Apple change d'avis. Rappelons qu'Apple est l'un de nos grands clients. Il utilise notre technologie de virtualisation de serveurs, en particulier pour opérer son offre de stockage iCloud [ndlr Apple avait aussi accepté de signer un accord avec VMware sur la virtualisation de Mac OS]. Il se peut donc qu'Apple change d'avis dans le futur. Les demandes des clients pourraient également favoriser ce revirement.

Notez que l'arrivée de Windows 8 annoncée pour fin 2012 constitue pour nous une nouvelle opportunité et un nouveau marché potentiel, y compris sur le créneau des tablettes tactiles.


Pour VMWare, la montée en puissance des pile Open Source pour créer un Cloud, comme OpenStack, constitue-t-elle un danger potentiel ?

Non. Beaucoup de fournisseurs intègrent OpenStack à leur offre. Mais, il faut reconnaître que les déploiements d'OpenStack sont rares, voire quasi-inexistants. De notre côté, nous comptons 5600 membres au sein de notre programme de partenaires sociétés de services, qui testent ou intègrent notre technologie de virtualisation, en particulier VCloud pour la gestion de datacenters.


Nous sommes capables d'exécuter en moyenne 10 fois plus de machines virtuelles sur le même serveur physique que des technologies de virtualisation Open Source comme Xen ou KVM, notamment du fait de notre performance sur l'optimisation de la consommation des ressources mémoires sous-jacentes.

Comparé à OpenStack, nous couvrons également un périmètre plus large. Nous intégrons en effet la virtualisation réseau, mais aussi celle des pare feu par exemple. Ce qu'OpenStack ne sait pas faire. Mais, on peut citer beaucoup d'autres éléments que nous couvrons, et qu'OpenStack ne prend pas en compte : la gestion de groupes de machines virtuelles, des centres de données virtuels, avec une gestion de droits par zones, mais aussi le suivi des niveaux de service des machines virtuelles et des dépenses associées par le biais de tableaux de bord...


Matthew Lodge est directeur des services Cloud de VMWare.

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