Wiko : le petit poucet franco-chinois qui défie Apple et Samsung

Wiko La société arrive en 3e place sur le marché français des smartphones derrière Apple et Samsung. Sa dernière arme de guerre : le Wiko Wax, un smartphone 4G à moins de 200 euros.

C'est bien connu, les marseillais ont (souvent) tendance à exagérer. C'est loin d'être le cas de Wiko, une société originaire de la cité phocéenne fondée en 2011 par Laurent Dahan, qui s'est spécialisée dans la vente de smartphones à prix serrés. Un créneau qui lui réussit plutôt à en croire les derniers chiffres du marché.

Ainsi, avec une part de marché de 11,2% dans l'Hexagone selon le cabinet d'études GFK, Wiko arrive à la troisième place du marché français des smartphones, derrière Samsung et Apple. Avec plus de 2 millions de terminaux écoulés depuis le lancement de son premier modèle sous Android en 2012, et une part de marché en volume aux environs de 20%, le petit poucet franco-chinois séduit donc en masse les utilisateurs. Il faut dire qu'il peut compter sur plusieurs cordes à son arc, au premier rang desquelles un positionnement prix agressif.

Surfant sur le contexte de crise et profitant de l'appel d'air induit par l'arrivée de Free, le distributeur de smartphones (Wiko sous-traite en Chine la fabrication de ses terminaux) propose en effet des prix plancher. Ses différents terminaux mobiles dépassent ainsi rarement 250 euros, sans négliger gravement les caractéristiques techniques. La preuve avec le dernier Wiko Wax, tout juste annoncé au Mobile World Congress.

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Le smartphone Highway de Wiko embarque un processeur à huit cœurs. Il est doté d'un écran de 5 pouces Full HD. © Wiko

Vendu à moins de 300 euros, le Wiko Wax embarque une puce Tegra 4i (quadruple cœurs) cadencée à 1,7 Ghz. Annoncé avec 1 Go de RAM, il embarque un système d'exploitation Android 4.3 Jelly Bean tout en étant compatible avec la 4 G. Seules ombres notables au tableau : une résolution de seulement 720 pixels (pour un écran de 4,7 pouces) et 4 Go de mémoire interne - extensible cependant grâce à une carte microSD. 

Autre point différenciant par rapport aux poids-lourds historiques Apple et Samsung, c'est également sur le terrain du double SIM que Wiko a su capter l'intérêt des utilisateurs. Dont certaines entreprises comme l'agence publicitaire Fred&Farid : "Il est dommage qu'Apple ne propose pas de terminal double SIM comme Wiko, un constructeur vers lequel nous pourrions envisager de basculer", a eu l'occasion de nous indiquer son DSI Richard Huré. L'atout de Wiko réside aussi dans le design de ses terminaux, bénéficiant pour certains modèles de lignes racées et d'un look&feel aguicheur. Au final, Wiko dispose de belles cartes pour jouer les trouble-fête sur le marché des smartphones, à l'instar de Free sur le marché des opérateurs mobiles.

En revanche, rien ne dit qu'il dispose de suffisamment d'arguments pour séduire les plus grandes entreprises, celles qui mettent en place des politiques de BYOD (utilisation de terminaux personnels pour le travail). Car pour l'instant, à la différence de Samsung qui propose une surcouche de sécurité Knox pour certains de ses terminaux Android haut de gamme, Wiko n'a rien annoncé dans ce domaine pour ses terminaux low cost. Pour l'instant du moins.