Comment Kyriba attire les investisseurs

Spécialisé dans la gestion de la trésorerie en mode SaaS, Kyriba vient de lever 10,6 millions de dollars, ce qui porte à plus de 30 millions de dollars les investissements obtenus en 3 ans.

14 millions de dollars en 2007, 7 millions en 2008 et aujourd'hui 10,6 : en 3 ans, le pure player de la gestion de trésorerie en mode Saas Kyriba aura ramassé plus de 30 millions de dollars.

Son chiffe d'affaires est pourtant relativement modeste, au regard de ces sommes : 6,5 millions d'euros en 2009. Mais le mode SaaS engrange des revenus réguliers, et permet à Kyriba d'afficher un résultat net très positif, de 4,8 millions d'euros pour 2009. La société a par ailleurs connu de spectaculaire progression de son chiffre d'affaires : entre 2004 et 2008, il a tout de même bondi de 737%.

Fin 2009, Kyriba a d'ailleurs été classée 184e au 500 Fast Technology, le classement Deloitte des sociétés les plus performantes en terme de croissance dans les secteurs IT en Amérique du Nord. Plus récemment, Kyriba s'est distingué cette année en obtenant le prix de la Meilleure Réussite d'une solution SaaS par l'Eurocloud. De belles performances qui n'auront donc pas échappé aux investisseurs.

Un  investisseur fidèle

 

Le dernier tour de financement mené par Iris Capital, un gestionnaire de fonds de capital-développement européen, au coté de la BRED Banque Populaire. Ce n'est pas la première fois que ce dernier injecte du capital. C'est même la 3e fois : la banque avait déjà participé aux deux tours précédents avec GRP Capital Partners et Coface. La nature de l'activité de cet investisseur fidèle n'est pas innocente : elle est en connexion directe avec l'activité de Kyriba.

Créée en 2000 par des anciens de XRT, l'entreprise commercialise une gamme assez complète de gestion du cash management. Sa technologie repose sur un hub de communication bancaire qui uniformise et intègre les informations recueillies quotidiennement auprès des banques. Intégrant les créances et les diverses opérations comptables, elle fournit un monitoring global  mais aussi des prévisions de liquidité et des flux financiers.

 

Pour se faire une place au soleil dans la gestion de la trésorerie en mode SaaS, Kyriba doit montrer patte blanche.

Rassurer sur la gestion de la trésorerie en mode SaaS

 

Pour se faire une place au soleil dans la gestion de la trésorerie en mode SaaS, Kyriba doit rassurer des prospects pas toujours à l'aise avec l'externalisation de données sensibles. Outre ce fidèle investisseur issu du monde de la banque, Kyriba peut souligner les qualités indispensables de son centre de données "hautement protégé", supervisé 24H/24 et 7J/7 et garantit le fameux brelan disponibilité (un honnête 98% affiché) - sécurité - redondance.

Le secteur est riche en normes, et l'éditeur doit y coller au plus près. Avec la fin d'Etebac et abandon du réseau X25, au profit du Sepa notamment,  le marché bouge et il s'agit de répondre aux nouvelles réglementations bancaires pour mieux en profiter.  

Il faut aussi obtenir les bonnes certifications comptables : ce que Kyriba a fait avec le SAS 70 Type II/ Sarbanes-Oxley. Les tiers chargés de l'infogérance, comme Atos, peuvent aussi se prévaloir d'une expertise en traitement de données sensibles et financières. 

Le groupe montre ainsi patte blanche. Kyriba a ainsi réussi à convaincre compagnies d'assurance et institutions financières, qui figurent parmi ses 300 sociétés clientes revendiquées

 

Aujourd'hui, l'enjeu pour la PME dont le Siège à Saint-Cloud, est de se développer. Son effectif compte moins de 150 personnes dans le monde, et près de la moitié est affecté à la R&D, un département qui doit accoucher en mars 2011de la prochaine version. Mais c'est la croissance organique et le développement international qui seront les réels défis. La dernière levée de fonds doit permettre d'y faire face.

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