Bret Taylor, ex-CTO de Facebook, veut bousculer les Google Docs

Quip : Bret Taylor, l'ex-CTO de Facebook Il a quitté Facebook il y a deux ans avec une idée en tête : révolutionner le traitement de texte avec un outil en SaaS intégrant des possibilités sociales au cœur des documents.

C'est à l'occasion de la sortie de la version 2 de Quip que son créateur nous a accordé un entretien. Bret Taylor n'est pas tout à fait un inconnu. Ce diplômé de Stanford a travaillé chez Google où il a co-développé Google Maps et son API. En 2007, il quitte le groupe de Mountain View pour créer le réseau social FriendFeed qui sera acquis par Facebook en 2009. Bret Taylor devient alors directeur technique du réseau social. Un poste qu'il quittera durant l'été 2012 pour fonder Quip. 

Comment Bret Taylor tire profit de son expérience chez Facebook

"Face à un Office toujours dominant aujourd'hui, mon objectif est de proposer un outil en mode SaaS entièrement optimisé pour tablette et smartphone, à la fois iOS et Android", explique Bret Taylor. Et force est de constater que, dans ce domaine, l'ingénieur affiche une point fort de taille : l'expérience incroyable qu'il a acquise sur le terrain de la mobilité chez Facebook. Rappelez-vous : l'entreprise de Mark Zuckerberg avait lancé une app HTML5, avant de faire machine arrière en 2012 pour se rabattre sur une app native.

Mode web sur desktop, et apps natives sur mobile

Bret Taylor a donc pu finement aiguiser ses choix en matière technologiques mobiles. "Nous sommes partis sur des Web App pour les versions desktop, à la manière d'un modèle SaaS classique, et des apps natives pour les mobiles, tablettes et smartphones", indique-t-il. Et l'entrepreneur d'expliquer : "Les Web Apps ne sont pas un problème sur iOS, du fait de la performance offertes par les iPhone et iPad. En revanche, la grande fragmentation des terminaux Android ne rend pas l'expérience web très fluide. Cet OS est en effet présent notamment sur de nombreux appareils low cost et peu performants, notamment en Afrique." D'où le choix de Bret Taylor de préférer le modèle natif sur mobile.

Le collaboratif temps réel pour contre Google Docs

Mais ce n'est pas le seul argument de Quip. Car Bret Taylor en a bien conscience, pour réussir face aux technologies concurrentes telle que Google Docs, il doit avancer une "killer application". Son idée ? "Intégrer une messagerie temps réel au cœur du document pour accélérer la collaboration", résume-t-il. La version 2 de l'outil lancée en juin optimise d'ailleurs notamment cette fonctionnalité. Aboutissement de neuf mois de développement, cette V2 permet aussi de publier des documents via un lien accessible à tous (y compris sur Facebook et Twitter), et ce, sans nécessiter d'installer l'application. L'export Word est désormais pris en charge (aux côtés de l'export PDF), et, surtout, Quip intègre un moteur de recherche textuel pour retrouver un document, en fonction de son contenu ou ses métadonnées.

Quip a conclu un tour de table durant l'été 2013 qui lui a permis de lever 15 millions de dollars. Tout comme Anaplan ou Zuora, la start-up fait partie des sociétés dans lesquelles le patron de Salesforce, Marc Benioff, a choisi d'investir. Utilisé par des PME comme des grandes entreprises, Quip revendique notamment Facebook, New Relic, Taser et Kent Moore Cabinets parmi ses clients.

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Ici, l'interface graphique de Quip sur tablette. L'outil fait apparaitre une messagerie instantanée, à gauche, permettant de réviser ou valider un document en mode collaboratif. © Quip

Collaboratif / Facebook