Guy Mamou-Mani (Co-président d'Open) "Nous allons recruter 800 personnes cette année"

Avec un chiffre d'affaires en berne, la SSII a poursuivi sa restructuration en 2010, et sorti son résultat net du rouge. Des rachats sont prévus sur le terrain du conseil.

JDN Solutions. Quel bilan tirez-vous de l'année écoulée ?

Guy Mamou-Mani. A fin 2010, nous avons réalisé un chiffre d'affaires de 260 millions d'euros, en recul de 10%. C'est la dernière trace visible de la fin de notre redressement. Notre résultat opérationnel, à hauteur de 3,3% du chiffre d'affaires, a augmenté de plus de 50% et notre résultat net est sorti du rouge. Alors que nous étions en 2009 à -22,2 millions d'euros [en comptant les amortissement des survaleurs, NDLR], notre résultat net a été de 0,2 million d'euros en 2010.


Comment expliquez-vous ces résultats en demi-teinte ?

Pour les comprendre, il est intéressant de remettre en perspective la transformation d'Open. La société été créée il y a 6 ans et à cette époque nous comptions 250 collaborateurs contre 3 200 à la fin 2010.

Par ailleurs, nous avons construit Open par des acquisitions, des fusions, et nous avons aujourd'hui achevé notre transformation qui est passée par une étape difficile traversée en 2009 et 2010. Aujourd'hui, toutes les sociétés rachetées ces dernières années dont Teamlog, Hays IT et Sylis sont consolidées et/ou ont été redressées.


Le pire est-il donc derrière vous ?

Il y a quelques années, nous avons annoncé un plan stratégique 2007-2010 dans lequel nous avons fait part de la nécessité d'atteindre une taille critique dans un pays comme la France et d'apporter aux clients plus d'engagement et de valeur ajoutée.

C'est ce que nous sommes parvenus à faire dans la mesure où nous faisons aujourd'hui partie des grandes SSII ce qui se traduit par le fait que l'on se retrouve très souvent depuis 2 à 3 ans en final des appels d'offres avec des acteurs comme Atos Origin, Steria ou Sopra, ce qui n'était pas le cas auparavant.

Malgré les difficultés de la crise, nous avons cependant toujours conservé une situation financière saine en conservant un gearing [ratio entre la dette et les fonds propres NDLR] autour des 8% en 2009 et de 7% en 2010.

A horizon 2013, nous tablons sur un résultat d'exploitation de 8%

Comment envisagez-vous 2011 ?

Nous sommes dans un contexte de marché qui est en train de se reprendre. Nous devrions faire mieux que le marché cette année avec une croissance organique annuelle de 5% pour les 3 ans à venir. Le premier semestre 2011 ne devrait pas atteindre ce niveau là, mais une accélération se fera dans la seconde partie de l'année. A horizon 2013, nous tablons sur un résultat d'exploitation de 8%.


L'amélioration de votre activité se traduira-t-elle par des recrutements ?

Pour 2011, nous allons accroître nos effectifs avec 800 recrutements, contre 300 l'année dernière. Les recrutements se feront en CDI, dont 20% de jeunes diplômés sur des profils essentiellement de type ingénieur Bac+5 comme actuellement. Ce que nous allons également chercher à faire cette année c'est diminuer notre turn over. Car s'il est très important de recruter, il est aussi important de fidéliser nos collaborateurs. Cela passe par une politique de formation offensive et d'évolution de carrière très suivie.


Allez-vous activer d'autres leviers RH ?

Nous allons mener une politique de responsabilité sociétale avec un engagement de recrutement de personnes handicapées supérieur au taux de la profession, actuellement autour de 0,5%. Je précise d'ailleurs qu'appliquer la règle de 6% de recrutements de personnes handicapées pour notre secteur n'est en aucun cas réalisable pour la simple raison que le taux d'informaticiens handicapés diplômés ne dépasse pas 0,5%.

Nous allons ouvrir des entités sectorielles dans les domaines de l'énergie et du transport

Quels projets vont tirer votre activité en 2011 ?

Nous avons été choisis et continuerons à l'être pour notre proposition de valeur sur des projets en tierce maintenance applicative, tierce recette applicative, et pour nos compétences dans le testing mais aussi dans l'innovation multimédia, la mobilité, le M2M et les portails Open Source. De même, nous allons annoncer très bientôt des détails sur le lancement de notre offre de Cloud qui présentera une vraie originalité.

Ce que nous constatons par ailleurs c'est que les clients reviennent un peu sur leurs stratégies du tout offshore et sont plus sensibles aux offres technologiques de type nearshore qui se caractérisent chez Open par des centres de services en Province. Ce type d'externalisation locale apporte d'ailleurs toujours des économies par rapport aux centres de la région parisienne.

Et sur quels secteurs ?

Dans le M2M, nous avons signé avec la SNCF pour son projet de train communiquant qui va permettre d'améliorer la qualité des services fournis aux voyageurs avec notamment de l'information sur le trafic en temps réel, ne nécessitant plus d'intervention humaine et permettant une réactivité instantanée. Nous avons sinon remporté de nouveaux contrats importants dans le domaine de la banque ou de l'énergie notamment.

D'autres marchés s'ouvrent comme celui de la santé qui nous a amené à ouvrir une entité spécialisée. Nous prévoyons d'élargir notre démarche d'ouverture sectorielle pour d'autres secteurs comme celui de l'énergie et du transport.

Dans le domaine du conseil, nous avons par ailleurs signé des contrats intéressants avec des hôpitaux pour des projets de télémédecine avec le développement de bracelets adaptés aux personnes en situation de dépendance.

Prévoyez-vous des opérations de croissance externe pour cette année ?

L'activité de conseil constitue justement l'un de nos axes forts de développement dans le futur. Nous comptons d'ailleurs augmenter nos effectifs dans ce domaine en passant d'une trentaine à 150 collaborateurs dans l'année. Nous allons pour y parvenir réaliser un certain nombre d'acquisitions ciblées.

Le dernier point sur lequel nous allons nous engager c'est sur la question du mécénat et de l'investissement vert avec notre adhésion par exemple au programme Tree-Nation parrainé par l'ONU. Ce que nous souhaitons, c'est inscrire Groupe Open dans une croissance rentable, durable et dans le respect de l'environnement.

 

Guy Mamou-Mani est co-président d'Open depuis 2008. Il a auparavant créé et dirigé la filiale française de Manugistics en 1995 et a été P-DG de CSC-GO International en 1990. Guy Mamou-Mani est également président de Syntec Numérique depuis 2010.

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