Pascal Imbert (Solucom) "Les banques ne sont pas encore mûres pour le Cloud privé"

La révolution du multicanal amène les banques à faire évoluer leurs infrastructures IT. Les acteurs du transport mettent quant à eux le cap sur les services informatifs.

JDN Solutions. Quel bilan tirez-vous de 2010 en termes de projets IT les plus structurants pour les entreprises ?

Pascal Imbert. Un tout petit mot sur 2009 tout d'abord, marquée par une crise très profonde, nettement plus profonde que celle que nous avions connue à la fin des années 90. Un coup de stop très brutal donc sur les investissements, mais une crise très courte qui nous a aussi surpris par la vitesse à laquelle le marché a redémarré. Et c'est donc sur un redémarrage très fort que 2010 a commencé.

Un secteur d'activité, celui de la banque, a été le premier à plonger mais aussi à redémarrer en 2010, et s'est avéré extrêmement dynamique. Pas seulement parce que c'est un gros utilisateur des systèmes d'information ou qu'il a bénéficié d'un effet de rattrapage sur 2009. Mais aussi par le fait que les banques font partie des clients qui revoient très profondément leur processus, ainsi que la manière de fonctionner et l'organisation de leur système.

Aujourd'hui, les banques sont confrontées à une révolution du multicanal où les clients veulent interagir avec elles par tous les canaux existants. Par exemple commencer une transaction sur Internet , la poursuivre en agence pour la conclure et suivre ses évolutions sur mobiles. C'est une révolution à laquelle les banques sont confrontées et pour laquelle nous les accompagnons.

Comment les banques font-elles évoluer leur système d'information ?

Les infrastructures des banques doivent permettre d'apporter une qualité de service maximum, au meilleur coût au plus grand nombre de clients. Elles doivent être capables d'accepter un plus grand nombre de services. Cela se traduit par des projets de datacenters, et d'interconnexion avec des applicatifs tiers comme c'est le cas pour le Crédit Agricole notamment. 

"Les acteurs du transport enrichissent leurs flux physiques avec des services et modules informatifs tiers"

Ce que l'on voit beaucoup en ce moment, ce sont des projets liés à la refonte des applications. En particulier dans le domaine de la gestion des risques, avec l'évolution réglementaire autour de Bâle 3 ou encore Solvancy 2 qui génèrent de grands bouleversements dans les systèmes d'information.

En revanche, il est encore un peu tôt pour elles pour passer au Cloud, bien que le sujet soit abordé par les DSI. Cela prendra du temps pour faire mûrir leurs projets en raison de problématiques de sécurité, de qualité de service mais aussi de complexité de leurs infrastructures existantes.

Pour autant, on devrait commencer à voir apparaitre des expérimentations significatives dans les deux ans qui viennent dans lesquelles les fournisseurs traditionnels seront impliqués comme IBM et Microsoft. Moins Google et Amazon en revanche. Si ces derniers ont une pénétration sans doute plus efficace pour les entreprises de moyenne taille avec des applications verticales très bien faites, elles prennent pour l'heure moins bien en compte les spécificités des grandes et très grandes entreprises.

Quels sont les grands projets applicatifs du moment chez vos clients ?

Outre celui de la gestion des risques pour la banque, il y a en a d'autres en particulier dans le domaine de la relation client. Les acteurs du transport comme les compagnies aériennes par exemple mènent actuellement de grands projets pour enrichir leurs flux physiques avec des services et modules d'information spécifiques.

Au niveau de l'information voyageur, il est question d'envoyer sur smartphones des alertes sur des changements d'horaires en temps réel, ou encore prévenir d'un incident sur le trafic. Il y a là une volonté pour les fournisseurs d'enrichir leur service cœur de métier de manière à apporter une valeur ajoutée informative aux clients pour chercher à mieux les fidéliser.


Pascal Imbert est CEO et président du directoire de Solucom, cabinet de conseil en systèmes d'information. Solucom, créé en 1990, a été co-fondé par Pascal Imbert et Michel Dancoisne, président du conseil de surveillance. Historiquement positionné sur le marché du conseil réseaux-télécom à destination des grandes entreprises, Solucom a complété son éventail de compétences sur les activités du conseil en sécurité, et l'architecture des SI, autour du datacenter, de la virtualisation et du Cloud, prépondérants aujourd'hui en termes de revenus générés.

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