Pierre Liger (IBM) "Coupler une application à un serveur physique n'a plus de sens aujourd'hui"

Croissance des données non structurées, stratégie d'archivage, migration des données vers le cloud computing, virtualisation... Le point sur les sujets chauds sur le terrain du stockage.

Comment se présente la division stockage d'IBM pour la France ?

Nous sommes à peu près 250 personnes, avec comme spécificité de représenter l'offre tant d'un point de vue du logiciel, du matériel et des services. Nous intégrons cette activité dans la stratégie de transformation d'IBM.

Quels sont les créneaux que vous occupez en termes de produits de stockage ?

Nous fournissons des solutions et des offres qui se veulent intégrées, matériel et logiciel inclus, différenciées et qui apportent de la valeur. Cela passe par des offres matérielles et des technologies diverses, qu'il s'agisse de backup robotique, de virtualisation, de démultiplication, ou encore de SAN.

Mais l'idée est également d'être présent sur des infrastructures de début, de millieu et de haut de gamme. Enfin, nous proposons des produits tant dans les familles des zOS, des Unix et des Intel.

Cartouches, bandes... Quelles sont les solutions matérielles que vous privilégiez en termes de stockage et d'archivage ?

Nous croyons dans des modèles mixtes avec différentes classes d'information. Mais en moyenne, nous sommes actuellement sur des systèmes qui comportent des solutions mixtes à base de disques, avec de la démultiplication et de la robotique.

Les choix de technologies sont-ils le reflet de la taille des clients ?

Non. Ce n'est pas une question de taille d'entreprise mais de taille de l'unité informatique au sein de l'entreprise. Et ce facteur sera intimement lié à l'intégration de l'informatique dans le cœur d'activité de l'entreprise.

Mais notre gamme de produits de stockage prend en compte la taille des clients, avec des solutions prêtes à l'emploi pour des entreprises de taille moyenne, et dont les volumétries sont plus petites que celles des grandes entreprises.

"De plus en plus d'entreprises sortent des contraintes informatiques et vont vers le cloud"

Une des révolutions du stockage, c'est la croissance phénoménale des données non structurées. Quelle est votre approche de la question ?

C'est un fait, la majorité des données sont aujourd'hui non structurées, ce qui maintient notre croissance. Cela à trois impacts. D'une part, la logique une application pour un serveur physique n'a plus de sens aujourd'hui. La croissance des données a amené à la nécessité de désynchroniser application et serveur physique, d'où l'explosion de la virtualisation, et des SAN.

D'autre part, la croissance des divers volumes de stockage exige aujourd'hui une expertise de gestion importante. Donc notre travail consiste en partie à proposer des outils et du service pour hyper simplifier la gestion des données.

Enfin, troisième conséquence, on constate que de plus en plus d'entreprises sortent des contraintes informatiques et vont vers le cloud. D'où le développement de notre offre cloud, en lien avec les équipes IBM qui travaillent directement sur ce sujet.

Sur la question de la virtualisation du stockage, quels sont critères qui vont permettre aux entreprises de se risquer sur ce terrain. Y-a-t-il des systèmes d'information plus propices que d'autres à ce saut technologique ?

L'adoption de la virtualisation du stockage ne peut se faire qu'à trois conditions essentielles. En premier lieu, il faut que l'infrastructure informatique soit ouverte à toutes les marques de stockage. C'est une idée très importante surtout en cas d'acquisition ou de vente d'une entreprise. La fusion des systèmes d'information, et de leur composante virtualisée, ne sera possible qu'à ce prix.

Le second point, c'est que le stockage virtualisé est un domaine qui exige une très grande expertise, donc des ressources formées sur ce sujet.

Enfin, il faut ajouter que la virtualisation du stockage permet une prédictabilité sur l'évolution du stockage. Cela permet sur un terme de trois à cinq ans de connaître le type de classe de stockage, gold, silver ou bronze, qui sera nécéssaire.

 

Pierre Liger est directeur du stockage chez IBM France.

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