Mais que vaut vraiment le label « French Tech » ?

Le 15 novembre 2014, Axelle Lemaire, Secrétaire d’État chargée du numérique, a annoncé le choix des villes ayant obtenu le label « French Tech ». Ce dernier représente un dispositif censé notamment permettre la mise en valeur des startups françaises à l’international.

Dorénavant une question se pose : s‘agit-il d’un énième plan ou une véritable rampe de lancement d’un secteur porteur ?
Neuf villes labellisées, sans compter Paris, et d’autres qui arriveront prochainement, 200 millions d’euros investis pour permettre le développement « d’accélérateurs » d’entreprises sur tout le territoire et enfin 15 millions d’euros pour développer la visibilité internationale du dispositif, si le Gouvernement a fait le deuil de certains secteurs d’activités, il ne compte pas perdre la bataille du numérique.
L’objectif du label « French Tech » est clair depuis son lancement il y a un an : favoriser le développement  d’un secteur en pleine expansion pour des bénéfices en termes de croissance et d’emplois, le rendre visible à l’international et réussir à capter les investissements extérieurs. Finalement ce qu’on attend de toute politique économique.
Cette initiative publique se place aux côtés d’autres projets comme peuvent l’être ceux de Xavier Niel avec l’école 42 ou son incubateur parisien qui consistent à découvrir et conserver les futurs génies du numérique en les regroupant dans un lieu unique. Favoriser l’émulation et l’innovation, l’idée à de quoi séduire mais la France est-elle capable de reproduire le modèle tant rêvé de la Silicon Valley ?

Au-delà de changer l’image, changer l’environnement

Au delà de la critique républicaine du choix des sites, uniquement métropolitains, la France ayant toujours des trous de mémoire quand il s’agit d’investir en Corse ou en outre-mer, l’affectation de 215 millions d’euros peut tout de même paraître dérisoire pour impulser le développement du numérique sur le territoire et à l’étranger. Surtout, c’est son environnement qu’il faudrait faire évoluer pour avancer.
En effet, sans prétendre pouvoir concurrencer le modèle californien, il est indispensable de montrer aux futurs investisseurs que la France est capable d’innover et d’accompagner les entrepreneurs.
Changer l’image d’un pays apparaissant comme défavorable à l’initiative privée est un enjeu colossal et le label « French Tech » et ses 15 millions d’euros peuvent paraître dérisoires.
Surtout, pour corriger cette image, ce n’est pas de communication qu’il est nécessaire mais d’actes : modifier l’environnement fiscal, faciliter les démarches administratives, former les futures générations au numérique. Ces actions, certes énormes mais indispensables,  permettraient véritablement à la « French Tech » de décoller  et suivre le brillant chemin tracé par la French Touch.

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