Voituriers on-demand : les start-up françaises pionnières en Europe

La problématique du parking commence, comme beaucoup d'autres, à être bouleversée par les applications d'économie "on-demand". En Europe, les français sont précurseurs.

Les services de l'économie on-demand -ces applications qui permettent de réserver un bien ou un service immédiatement, souvent en servant d'intermédiaire avec une profession spécifique- ont déjà fait leurs preuves dans le secteur de la livraison de repas, du bien-être, de la santé, du stockage, de la livraison ou de la sous-traitance de tâches diverses. Depuis peu, le secteur du parking et des services de voituriers se voit également disrupter par quelques start-up pionnières.

Deux jeunes pousses se sont lancées sur le créneau à San Francisco à l'été 2014, à un mois d'écart : Zirx, puis Luxe. Leurs applications permettent de réserver en quelques minutes un voiturier qui va se charger de garer la voiture de l'utilisateur. Zirx a levé 36,4 millions de dollars auprès notamment de Bessemer et recruté des pointures de chez Google tandis que Luxe a recueilli 25,5 millions de dollars depuis sa création. Les deux sont désormais présentes dans une quasi-dizaine de villes américaines. Un troisième concurrent, Vallet Anywhere, vient de se lancer à New York en misant sur une approche haut-de-gamme.

En France, Drop dans les centres-villes et Ector dans les aéroports

En Europe, le marché est encore très peu mature. Ector, ex-Smart Park, créé en septembre 2013, propose un service de voituriers mais ne dispose pas encore d'application. Il ne s'agit donc pas d'une start-up qui mise sur le "on-demand" : l'utilisateur réserve à l'avance la prise en charge de sa voiture, pour l'instant disponible dans des aéroports uniquement. Grâce à une levée de 500 000 euros, Ector lancera cependant son application en 2016 et lancera un service on-demand. La start-up escompte par ailleurs étendre son activité aux centres-villes et aux gares.

Alban de Renty et Nicolas de Crémiers. © Drop

Drop, au contraire, propose déjà un service similaire aux start-up américaines Zirx et Luxe. Mais la start-up française cofondée par Nicolas de Crémiers, Alban de Renty et Geoffroy Roux de Bézieux en mai 2015 est encore en phase de test. Depuis septembre, Drop propose son service dans les 8e, 9e et 17e arrondissements de Paris, "qui concentrent 30% de la problématique de stationnement dans la capitale", explique Nicolas de Crémiers. Lancée commercialement en octobre, l'application a été téléchargée plus de 3 000 fois et 250 clients ont utilisé le service pour se garer. Ses fondateurs prévoient un déploiement géographique en 2016 ainsi que le développement de nouveaux services (lavage de voiture, plein d'essence…). En ligne de mire, également, un service B2B pour les cabinets d'avocats ou banques qui veulent aider leur clients à se stationner, par exemple.

Pop Valet est de son côté lancé depuis août 2015 et est présent dans cinq arrondissements parisiens (1er, 2ème, 8ème, 9ème et 17ème). La start-up approche le millier de clients. Les jeunes pousses n'ont en tout cas pas encore beaucoup de concurrence. Au Royaume-Uni, seuls Vallie vient tout juste de se lancer sur le même modèle.

Optimiser le turn-over sur les places de parking

"On sent que le modèle est en train de prendre", assure Nicolas de Crémiers. Selon lui, le besoin de fluidifier le stationnement et de décongestionner le trafic urbain va permettre le développement des services de voituriers on-demand. "Chaque année, 70 millions d'heures sont perdues à chercher un stationnement, soit une nuisance estimée à un milliard d'euros. La durée moyenne pour trouver une place est de 20 minutes, et à un instant T entre 20 et 25% des véhicules qui circulent cherchent une place de stationnement."

 

Le business model des start-up de valet on-demand repose sur l'optimisation du turn-over sur les places de parking : Drop loue par exemple des places à des professionnels du parking, comme Indigo (Vinci), Effia ou Urbis, ou à des institutionnels de l'immobilier comme Allianz pour les redispatcher.

Les start-up américaines délaissent le statut de "contractors"

Les voituriers sont salariés, pas indépendants

Principale difficulté pour ces jeunes pousses : matcher l'offre et la demande. Les voituriers sont en effet des salariés, tant chez Ector que chez Drop ou Pop Valet. "C'est un élément rassurant pour les utilisateurs, analyse Nicolas de Crémiers. Le voiturier est la principale relation qu'ils ont avec notre marque donc nous avons besoin de collaborateurs formés au discours de l'entreprise, qui ont passé des tests de conduite et délivrent un bon service." Pop Valet emploie par exemple dix voituriers en CDI.

Même les start-up américaines, qui faisaient auparavant appel à des "contactors", changent leur fusil d'épaule après la polémique déclenchée autour des conducteurs Uber. Luxe accorde le statut d'employé à ses voituriers et Zirx également, mais seulement pour les plus performants d'entre eux.

Outre les services de voituriers on-demand, d'autres start-up explorent des solutions alternatives sur la problématique du parking. Aux Etats-Unis, Spothero, lancé à Chicago, a levé 27 millions de dollars pour lancer une plateforme de réservation de places de parking en temps réel. En France, Tripndrive a mis en place une plateforme d'autopartage entre voyageurs aux aéroports, pour éviter d'avoir à y garer sa voiture lorsque l'on part en voyage.

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