Vague d'arrestations en France chez les chauffeurs Uberpop

Il ne fait pas bon d'arrondir ses fins de mois avec Uberpop. Une quinzaine de chauffeurs ont été arrêtés à Lyon depuis mai.

Fin novembre, une dizaine de chauffeurs inscris sur Uberpop étaient entendus à l'hôtel de police de Bordeaux pour travail dissimulé et exercice illégal de la profession de taxi. Pris sur le fait au volant de leur voiture, ces personnes risquent jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende. Ce mercredi, Le Progrès révèle qu'une quinzaine de chauffeurs ont été interpellés à Lyon pour les mêmes raisons depuis le mois de mai, juste après le lancement du service dans la ville. Selon le quotidien, les trois premiers chauffeurs présentés au tribunal correctionnel ont même écopé d'amendes allant de 500 à 1500 euros. 

Lancé à Paris en février dernier, Uberpop permet à un particulier disposant d'un véhicule de louer ses services pour transporter un client sur de courtes distances. Avec ce service, Uber a réussi à attiser un peu plus la colère des taxis contre lui, mais surtout à se mettre à dos ses concurrents VTC, avec lesquels il s'efforçait de faire accepter la profession, en créant une concurrence low cost et suspectée d'illégalité.

En effet, le 16 octobre dernier, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Uber à 100 000 euros d'amende pour avoir présenté Uberpop comme un service de covoiturage. Or la facturation prévoyant une tarification calculée en fonction du nombre de kilomètres et du temps passé, "ne correspond absolument pas à un partage de frais, mais s'apparente bien au paiement d'un course", a estimé le tribunal, considérant qu'une telle activité était "illégale au regard de la législation française sur le transport routier de particuliers".

Uber avance, coûte que coûte

En parallèle, les sociétés Transdev, LeCab et plusieurs syndicats de taxis ont demandé l'interdiction d'Uberpop en référé. La décision du tribunal est attendue pour le 12 décembre. Mais la tension monte, jusqu'à, selon des clients d'Uberpop, leur agression par des chauffeurs de taxis.
La révolte contre Uberpop ne concerne pas seulement la France. Le service vient d'être interdit en Espagne pour concurrence déloyale, tout juste après les Pays-Bas. Mais Uber tient bon. L'Américain, qui vient de lever 1,2 milliard de dollars, a promis de payer les amendes de ses chauffeurs néerlandais pour les inciter à continuer leur activité, en espérant un retournement de la décision en appel. On attend de connaître combien la grille tarifaire d'Uber prévoit de donner pour une interpellation ou un passage au tribunal correctionnel...


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