L'incubateur russe Fast Lane Ventures fait fortune avec ses copycats

Fast Lane Ventures Depuis sa création en 2010, l'incubateur moscovite a lancé une vingtaine de start-up dupliquées sur le modèle de sociétés étrangères à succès, surtout dans l'e-commerce.

Rien ne sert d'innover quand on peut s'appuyer sur un modèle qui a fait ses preuves à l'international et le reproduire sur un marché encore inexploré. C'est en tout cas toute la philosophie de l'incubateur moscovite Fast Lane Ventures. Un Rocket Internet russe, en quelque sorte. A l'origine, un groupe d'entrepreneurs : un Français, Pascal Clément, Président de la holding du fonds d'investissement Direct Group, Oskar Hartmann, CEO de KupiVIP, et Marina Treschyova, CEO de l'incubateur. En 2010, ils lancent le fonds Fast Lane Ventures à Moscou. Un fonds, oui, mais pas seulement, assurent-ils. Fast Lane Ventures se targue d'accompagner les start-up tout au long de leur développement en les aidant à lever des fonds, en les conseillant sur leur technologie ou en guidant leur stratégie marketing. Le concept : identifier des business models qui ont rencontré le succès sur des marchés étrangers et qui ne sont pas encore présents en Russie, puis les adapter au marché russe. Un marché au potentiel considérable, le plus important d'Europe. Le pays recense quelque 66 millions d'internautes, environ la moitié de la population totale. Et selon une étude de l'Association russe pour les communications électroniques, le secteur du numérique devrait y enregistrer une croissance de 15 à 20% par an jusqu'en 2018, en majorité grâce à la publicité en ligne et à l'e-commerce. En 2013, il a même cru de 39%.  

Fast Lane Ventures prend 75% du capital de ses start-up

Quelques années après sa création, Fast Lane Ventures peut se targuer d'un très bon bilan : vingt start-up ont vu le jour et l'écosystème Fast Lane regroupe 800 salariés. Le but de l'incubateur est de lancer chaque start-up en une cinquantaine de jours seulement. Le business model déjà éprouvé à l'étranger, la création doit être extrêmement rapide et la prise des parts de marché, jusque là inexploré, fulgurante. C'est la méthode "Fast 50" dont l'incubateur se targue. Mais pour les fondateurs des jeunes pousses, le coup de pouce de Fast Lane Ventures a un prix. L'incubateur prend dès le début 75% des parts de la start-up et ne leur laisse que 25%.

Sapato, double de Zappos, revendu à l'Amazon russe

Au cœur de la stratégie de Fast Lane Ventures : un lien étroit avec des grands investisseurs. En première ligne, Direct Group, dont le cofondateur de Fast Lane Ventures, Pascal Clément, est le président. Mais aussi l'Allemand e.ventures, le fonds de la banque russe VTB Capital (qui a investi 18 millions de dollars dans Fast Lane Ventures en 2012 pour permettre d'accroitre le nombre de start-up créées) et l'investisseur Kenges Rakishev. L'incubateur a levé plus de 85 millions de dollars depuis sa création auprès de Direct Group, e.ventures and VTB Capital, mais aussi d'Intel Capital, Kinnevik, Mangrove Capital, ru-Net et UMJ Russia. Autant de partenaires stratégiques et de potentiels investisseurs pour les jeunes pousses.

Une sortie à 40 millions de dollars

Le cœur de métier de Fast Lane Ventures réside bien entendu dans l'e-commerce. Son premier bébé, Sapato.ru, l'avatar de Zalando et de Zappos, a été revendu à l'Amazon russe, Ozon. Sapato.ru revendiquait alors 2,5 millions de visiteurs uniques par mois et la place de troisième e-commerçant russe. L'opération aurait coûté à Ozon 40 millions de dollars. Fast Lane Ventures a finalisé sa deuxième sortie en 2012 en revendant le site d'e-commerce et chaîne de télé-achat Shopping Live au géant allemand Home Shopping Europe. "Lancé en juillet 2011, Shopping Live touche 7,5 millions des 53 millions de foyers russes dotés du satellite ou du câble", rappelle alors Home Shopping Europe. Le marché du téléshopping russe avait été évalué à 200 millions d'euros en 2010.

Si l'e-commerce reste son secteur d'expertise, Fast Lane Ventures s'aventure aussi sur d'autres terrains : médias et marketing, réseaux sociaux, B2B et services aux consommateurs. Parmi les start-up de son portfolio, Pinme.ru, le Pinterest russe, TravelRent.com, copycat d'Airbnb, ou encore KupiBonus, un clone de Groupon.

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