Jean-Pierre Farandou appelle à décaler les horaires de travail face à la canicule pour protéger la santé des salariés
Alors qu'une vague de chaleur intense concerne une grande partie du territoire ce vendredi 19 juin 2026, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a appelé les employeurs à prendre toutes les précautions d'usage pour assurer la sécurité de leurs salariés lors de la canicule. Face à la multiplication des épisodes de fortes chaleurs, il insiste sur la nécessité d'adapter l'organisation du travail pour protéger la santé des travailleurs.
Un risque professionnel reconnu
Jean-Pierre Farandou souligne que les fortes chaleurs font peser "un vrai risque professionnel" sur les salariés et peuvent conduire "à des malaises, à des accidents voire à des drames". Il rappelle que les employeurs ont des obligations à respecter : "ils doivent s'organiser et prendre des précautions. Ils doivent prendre des mesures de bon sens, et ne pas exposer leurs salariés aux heures les plus chaudes", a-t-il affirmé sur RMC ce vendredi 19 juin, prenant l'exemple des secteurs du bâtiment et des travaux publics (BTP) et de l'agriculture.
Pour le ministre du Travail, il ne faut "pas hésiter à décaler les horaires de travail", quitte à "travailler plus tôt le matin, arrêter de travailler aux heures chaudes et éventuellement reprendre en fin d'après-midi ou tout début de soirée". Dans le BTP, "on arrête les chantiers plus longuement" s'il le faut, poursuit-il, appelant les uns et les autres à bien s'hydrater, à consommer de l'eau fraîche en quantité. Jean-Pierre Farandou plaide plutôt pour une "adaptation des horaires" que pour une interruption du travail de plusieurs jours.
Plus globalement, Jean-Pierre Farandou s'interroge ouvertement sur la manière dont le monde du travail pourrait s'organiser face aux évolutions climatiques. "C'est intéressant de regarder comment ça se pratique culturellement et historiquement dans des pays comme l'Espagne, notamment dans le Sud du pays où il fait très chaud", a-t-il expliqué, affirmant qu'il faudra "peut-être, à terme, faire comme les Andalous". Il martèle qu'il "y a un sujet de société pour voir comment la société, globalement, s'organise".
Des obligations renforcées et des sanctions accrues
Le ministre renvoie les employeurs à leurs obligations, et promet que les sanctions sont "renforcées". Une récente loi "promulguée il y a quelques jours" et "validée pas plus tard qu'hier par le Conseil constitutionnel" dispose "qu'une entreprise qui ne fournirait pas le document unique sur l'évaluation des risques qui permet d'organiser la prévention pour la santé des travailleurs, avec un chapitre particulier autour de la chaleur intense, serait sanctionnée". A ce sujet, "les inspecteurs du travail vont renforcer les contrôles", dit-il.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, insiste sur la nécessité d'une mobilisation collective pour adapter le monde du travail aux nouvelles réalités climatiques.