Le prix du pétrole chute après la suspension des sanctions américaines sur le brut iranien
Le marché pétrolier a connu une nette correction lundi, sous l'effet de l'évolution favorable des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran, notamment l'annonce de la suspension des sanctions américaines sur le pétrole iranien. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, a chuté de 3,31% à 77,90 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, dont c'était le dernier jour de cotation, a perdu 2,32% à 74,82 dollars.
Progrès dans les négociations entre Washington et Téhéran
Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, les négociations entre Washington et Téhéran, lancées dimanche, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final. Les deux parties ont accompli "des progrès encourageants", ont écrit lundi les gouvernements pakistanais et qatari, pays médiateurs, dans un communiqué conjoint. Elles se sont déjà entendues sur des mécanismes visant à faire cesser les affrontements au Liban et à sécuriser le stratégique détroit d'Ormuz, passage maritime essentiel au commerce d'hydrocarbures.
En parallèle à ces avancées, les Etats-Unis ont annoncé lundi suspendre pour deux mois leurs sanctions visant le pétrole iranien, assurant que l'Iran accueillerait à nouveau des inspecteurs nucléaires. "Toutes les transactions" qui étaient auparavant "interdites" concernant la production, la vente, le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", selon le site du ministère américain des Finances, qui gère les sanctions économiques.
"Bien qu'il n'ait pas encore retrouvé son niveau d'avant-guerre, le trafic dans le détroit d'Ormuz a été assez soutenu ces derniers jours", souligne auprès de l'AFP John Kilduff, d'Again Capital. Lundi à 15h30 GMT, la plateforme de suivi maritime Kpler recensait déjà 26 franchissements de navires de transport de matières premières. Le trafic a par ailleurs atteint samedi un record depuis le début de la guerre : 38 franchissements de navires commerciaux selon les données de navigation AXSMarine, dont 32 franchissements de navires de matières premières selon Kpler.
Offre en hausse, demande encore faible
"Tout cela se traduit par une augmentation de l'offre dans un contexte où la demande reste faible en raison des prix élevés", résume John Kilduff. La demande pourrait toutefois être stimulée par la reconstitution des réserves stratégiques à travers le monde, sollicitées ces derniers mois pour atténuer l'impact de la flambée des prix du pétrole.