Le baril de Brent passe sous les 75 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient

Le baril de Brent passe sous les 75 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient Le Brent retrouve son niveau d'avant-guerre, porté par la détente géopolitique et la reprise du trafic pétrolier dans le détroit d'Ormuz.

Après plusieurs mois de tensions et de flambée des prix sur les marchés pétroliers, le baril de pétrole Brent, référence mondiale du brut, est tombé mercredi sous la barre des 75 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Cette évolution marque un retour aux niveaux précédant le déclenchement du conflit, survenu fin février, et reflète la détente progressive de la situation géopolitique dans la région.

Un repli marqué après l'accord entre Téhéran et Washington

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, perdait 3,05% vers 12h10 GMT (14h10 à Paris), à 74,73 dollars. Cette baisse intervient dans le sillage de l'annonce, la semaine dernière, d'un accord entre Téhéran et Washington pour mettre fin au conflit et rétablir le transit dans ce passage maritime stratégique. Le pétrole américain WTI est quant à lui tombé mercredi sous le seuil de 70 dollars.

Les deux références du brut se rapprochent ainsi de leur niveau d'avant-guerre. Selon les analystes d'ING, "les estimations indiquent qu'environ 6 à 7 millions de barils par jour de pétrole ont transité par le détroit ces derniers jours". Ce volume reste toutefois loin des près de 20 millions de barils par jour qui y transitaient avant le début du conflit. Mardi, l'agence maritime de l'ONU a annoncé le début de son plan pour évacuer les marins et les navires bloqués dans la région du Golfe, en précisant avoir obtenu les "garanties de sécurité nécessaires". Un retour complet à la normale des opérations de transport maritime prendra toutefois probablement plusieurs mois.

Plusieurs facteurs pèsent sur les cours

Depuis le début du conflit, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont considérablement augmenté leurs exportations d'or noir via des pipelines et des ports permettant de contourner le détroit d'Ormuz. Par ailleurs, "le marché envisage l'avenir avec optimisme, l'Iran étant susceptible d'accroître ses ventes de pétrole à l'échelle mondiale à la suite de la levée des sanctions américaines" sur les exportations d'hydrocarbures iraniens pendant une période de 60 jours, soulignent les analystes de Mind Energy. À cela s'ajoutent les flux provenant des réserves stratégiques et une demande chinoise qui demeure plus faible qu'avant la guerre.

En Russie, en revanche, les inquiétudes sur l'approvisionnement en produits raffinés s'accentuent, sur fond d'attaques ukrainiennes persistantes contre les infrastructures énergétiques. Moscou a déjà imposé des restrictions à l'exportation d'essence et de kérosène, et le gouvernement "envisagerait désormais d'interdire les exportations de diesel", ce qui "a augmenté l'écart de prix entre le diesel et le Brent", précisent les analystes d'ING.

Si la détente géopolitique et la reprise progressive du trafic dans le détroit d'Ormuz ont permis au Brent de retrouver son niveau d'avant-guerre, le marché reste attentif à la capacité des acteurs à rétablir complètement les flux pétroliers. Les analystes estiment qu'il faudra encore plusieurs mois pour un retour total à la normale, alors que la demande mondiale et les tensions sur certains produits raffinés continuent de peser sur l'équilibre du marché.