Uber condamnée pour "parasitisme" et "pratique commerciale déloyale" envers les taxis parisiens
Le tribunal des activités économiques de Paris, ex-tribunal de commerce, a condamné la plateforme Uber pour concurrence déloyale, lui reprochant d'avoir détourné l'emblématique lumineux placé sur le toit des taxis dans une campagne publicitaire. La décision fait suite à un litige portant sur une publicité diffusée au printemps 2025 par le géant américain de la réservation de voitures, qui avait utilisé des affiches reproduisant ce lumineux obligatoire, en remplaçant la mention "taxi parisien" par "Uber parisien".
Une campagne jugée parasitaire
La campagne incriminée visait à promouvoir l'offre Uber Taxi, qui permet aux clients de réserver un trajet auprès d'un chauffeur de taxi parisien via l'application. Pour le tribunal, cette publicité constitue un acte de "parasitisme" : l'entreprise "s'est appropriée sans autorisation la notoriété des taxis parisiens", en "tirant indûment profit de leurs efforts et de la notoriété acquise". La plateforme "opère donc volontairement (...) une double confusion", notamment entre "l'activité de VTC, qui a fait la notoriété d'Uber, et celle de taxi, alors même que les activités de VTC et de taxis relèvent de régimes juridiques distincts". Cette confusion constitue "une pratique commerciale déloyale", concluent les magistrats.
La société américaine a été condamnée à verser 40 000 euros de dommages-intérêts pour préjudice moral à deux syndicats de la profession, ainsi que 10 000 euros pour leurs frais de justice. Elle se voit en outre interdire d'utiliser ce visuel avec d'autres mentions que "taxi parisien", "sous astreinte de 50 000 euros par infraction constatée". Les demandes de trois autres organisations, dont l'Union nationale des industries du taxi (UNIT), ont en revanche été déclarées nulles pour des questions de forme juridique.
Réactions et contexte du secteur
Uber rappelle "qu'à aucun moment le tribunal n'a remis en cause la légalité du service Uber Taxi" et souligne que "5 000 chauffeurs de taxi ont choisi de rejoindre notre application afin de diversifier leurs revenus".
Les syndicats de taxi et la compagnie G7 restent toutefois vent debout contre cette offre. Ils contestent notamment les prix forfaitaires proposés par Uber pour des courses effectuées par des taxis via son application, estimant que l'utilisation du compteur demeure une obligation légale.