Les cours du pétrole bondissent après la reprise des attaques au Moyen-Orient
Les marchés pétroliers ont connu une envolée spectaculaire mercredi 8 juillet 2026, sur fond de regain de tensions au Moyen-Orient et d'inquiétudes croissantes concernant la sécurité du détroit d'Ormuz, point névralgique du commerce mondial d'hydrocarbures. Les investisseurs redoutent de nouvelles perturbations de l'approvisionnement, alors que la région est à nouveau le théâtre d'affrontements et d'attaques contre des navires.
Forte hausse des prix du brut
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, a bondi de 5,21% à 78,02 dollars. En séance, il a même franchi la barre des 80 dollars, une première en plus de deux semaines. Le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, a grimpé de 4,37% à 73,52 dollars. Cette flambée traduit la nervosité des marchés face à la dégradation rapide de la situation dans la région du Golfe.
Les attaques de navires signalées en début de semaine ont mis un coup d'arrêt à la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, où transitent en temps normal 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. Ces attaques "ont fait grimper le niveau de risque à un degré inacceptable pour les transporteurs et les assureurs", souligne John Kilduff, d'Again Capital, auprès de l'AFP.
Une trêve remise en cause par Washington
Donald Trump a prévenu mercredi que Washington s'apprêtait à frapper une nouvelle fois l'Iran, après des affrontements meurtriers ayant rendu le cessez-le-feu caduc, selon lui. Ces événements "entament sérieusement la confiance dans la capacité de la trêve actuelle de 60 jours à déboucher encore sur un accord de paix permanent", explique Jorge Leon, de Rystad Energy, à l'AFP. Washington a d'ailleurs rétabli mardi ses sanctions sur le brut iranien, levées par le protocole d'accord signé le 17 juin qui avait permis la réouverture du détroit d'Ormuz.
S'il a dit ne plus vouloir "avoir affaire" avec les dirigeants iraniens, jugeant que négocier était "juste une perte de temps", Donald Trump a toutefois indiqué que ses émissaires pouvaient poursuivre leurs discussions : "Je pense que ce qui se passe va prendre fin très rapidement", a assuré le président américain. Un avis partagé par John Kilduff, qui tempère : "Nous sommes de retour dans un climat d'hostilité, et c'est ce qui a déclenché la remontée d'aujourd'hui. Il y a certes beaucoup de rhétorique belliqueuse qui circule, mais avec le président Trump, la tension dans ce genre de situations monte en flèche et peut retomber tout aussi vite."