La croissance économique chinoise devrait ralentir à 4,5% au deuxième trimestre 2026, selon un panel d'analystes, après 5% au premier trimestre

La croissance économique chinoise devrait ralentir à 4,5% au deuxième trimestre 2026, selon un panel d'analystes, après 5% au premier trimestre Le ralentissement s'explique par la faiblesse de la demande intérieure, la crise immobilière persistante et la flambée des prix de l'énergie, malgré des exportations dynamiques.

La Chine a probablement vu sa croissance économique ralentir au deuxième trimestre, selon la prévision de onze analystes. Le panel d'experts sondés anticipe une croissance de 4,5% sur un an de la deuxième économie mondiale pour la période avril-juin 2026. Cela représenterait un net ralentissement par rapport aux 5% enregistrés au premier trimestre, mais maintiendrait le pays sur la trajectoire de son objectif annuel, fixé autour de 5%.

Un essoufflement malgré des exportations solides

La Chine, qui a fait des exportations un pilier de son modèle économique, dépend de plus en plus du commerce extérieur, à l'heure où un marasme prolongé de son secteur immobilier et une faible consommation continuent de peser. Les exportations ont encore bondi au premier semestre 2026, portées par la demande de technologies liées à l'intelligence artificielle (IA) et à l'automobile : pour le seul mois de mai, elles se sont envolées de 20% sur un an. En 2025, la Chine avait dégagé un excédent commercial vertigineux de 1 200 milliards de dollars, un record.

Les secteurs de haute technologie prospèrent, les industries liées à l'IA et aux énergies renouvelables affichant une "performance exceptionnelle", indique Dan Wang, du cabinet Eurasia Group. "La demande extérieure a continué de briller malgré les taxes douanières (américaines) et les incertitudes géopolitiques", déclare Sheana Yue, d'Oxford Economics. Cette performance reflète "une compétitivité accrue de la Chine, des gains de parts de marché, et sa capacité à accroître rapidement la production dans les secteurs manufacturiers à plus forte valeur ajoutée", conclut-elle.

Une demande intérieure toujours atone

L'économie chinoise a certes résisté au choc énergétique et aux perturbations des chaînes d'approvisionnement, mais "l'affaiblissement de la demande mondiale a un impact négatif visible sur les ventes de biens de consommation d'entrée de gamme et les petits exportateurs", observe Dan Wang. L'envolée des exportations permet de compenser une demande intérieure atone et le moral maussade des entreprises comme des ménages, "plombé encore davantage par les incertitudes liées à la guerre en Iran", tempère Sheana Yue. Les ventes au détail ont d'ailleurs diminué pour la première fois en trois ans en mai.

La crise d'endettement qui plombe depuis 2020 l'immense secteur immobilier n'est pas terminée : autrefois valeur-refuge, les prix des logements stagnent après avoir dégringolé, dissuadant les acheteurs potentiels d'investir. "Sans aucun signe indiquant que la crise de l'immobilier approche de son terme, difficile d'imaginer une reprise de la consommation", tranche Teeuwe Mevissen, de Rabobank.

Contexte international et incertitudes

La guerre au Moyen-Orient, qui a débuté fin février, a contribué à assombrir la conjoncture en faisant s'envoler les cours du pétrole, au risque d'enrayer la croissance mondiale et d'affaiblir la demande pour les exportations chinoises. La trêve douanière conclue fin 2025 avec Washington doit expirer en novembre, tandis que l'Union européenne (UE) envisage des mesures pour protéger ses industries contre ce qu'elle considère comme une concurrence déloyale des entreprises chinoises. La persistance des frictions commerciales avec les Etats-Unis et l'UE, deuxième partenaire commercial de la Chine, pourrait saper les exportations et exiger de nouveaux efforts pour doper les moteurs économiques intérieurs.

Perspectives et mesures attendues

De nouvelles mesures pourraient s'avérer nécessaires pour soutenir la croissance au second semestre, en particulier si la vague d'exportations liées à l'IA s'essouffle. Après s'être concentré ces derniers mois sur la dette et les réformes, Pékin devrait "réaccorder la priorité à la croissance, avec des politiques pour intensifier l'investissement, soutenir les services et l'emploi", selon Guo Shan, de Hutong Research. "La capacité de la Chine à maintenir sa croissance dépendra d'une reprise significative de la consommation des ménages et d'un retour de la confiance du secteur privé", insiste Sarah Tan, de Moody's Analytics. Les industriels chinois, dont les fabricants de voitures électriques, misent toujours sur une expansion à l'international, hors d'un marché national devenu ultra-concurrentiel.