Revolut atteint une valorisation de 115 milliards de dollars après une vente d'actions détenues par les salariés

Revolut atteint une valorisation de 115 milliards de dollars après une vente d'actions détenues par les salariés La néobanque britannique s'impose comme la fintech la mieux valorisée au monde, portée par une croissance et une rentabilité exceptionnelles.

La néobanque britannique Revolut vient de boucler une vente d’actions détenues par les salariés, la valorisant à 115 milliards de dollars (100 milliards d’euros), indique une source proche du dossier, confirmant des informations de l’AFP. Ce montant représente un bond spectaculaire de plus de 50% par rapport aux 75 milliards de dollars de valorisation décrochés en septembre 2025, également à l’occasion d’une vente d’actions existantes. En moins d’un an, la valorisation de Revolut a ainsi connu une progression rare dans le secteur bancaire européen.

Une croissance hors normes

Revolut, fondée en 2015, revendique plus de 75 millions de clients dans 40 pays. Cette expansion rapide en fait aujourd’hui la fintech la mieux valorisée du monde. A titre de comparaison, la capitalisation boursière de HSBC atteint presque 350 milliards de dollars, celle de Barclays approche les 95 milliards de dollars. Dans la zone euro, Santander affiche 177 milliards d’euros (202 milliards de dollars), BNP Paribas 117,6 milliards d’euros (134,22 milliards de dollars), tandis que Crédit agricole et Société générale sont valorisées respectivement à 55 milliards d’euros et 58 milliards d’euros. La valorisation de Revolut est presque deux fois plus élevée que celles de Crédit agricole et Société générale.

Au total, les salariés éligibles à ce type d'opération ont déjà cédé plus de 2 milliards de dollars d'actions à de nouveaux investisseurs ou à des actionnaires déjà présents. En novembre, Revolut avait révélé que le géant américain des puces électroniques Nvidia avait participé à sa levée de fonds.

L’an dernier, grâce à la forte augmentation de son nombre de clients (+30%), ses revenus ont progressé de 46%, atteignant les 5,3 milliards d’euros. Ses profits ont bondi de 65%, l’établissement dégageant un bénéfice net de 1,5 milliard d’euros. Ce qui correspond à une marge nette de 28%. Revolut emploie 12 000 personnes.

La jeune pousse, dirigée par Nikolay Storonsky, compte détenir des filiales bancaires dans 70 pays sur tous les continents en 2030 : l'Amérique latine, les Etats-Unis (où elle a demandé une licence bancaire), l'Asie (Inde, Philippines...), l'Afrique et le Moyen-Orient. La semaine dernière, la jeune banque a décroché une licence bancaire en Australie.

L’an dernier, la banque en ligne a installé son siège pour l’Europe de l’Ouest en France, son deuxième marché avec 8 millions de clients. Elle talonne BoursoBank (9 millions de clients), dont l’offre bancaire est bien plus complète. Voulant devenir la banque principale de ses clients, ce qui n’est pas encore le cas, Revolut a déposé une demande de licence bancaire nationale auprès du régulateur français (ACPR). La banque devrait obtenir ce précieux sésame avant la fin de l’année, selon nos informations. Mais, selon Bloomberg, Revolut devrait démarrer avec des restrictions similaires à celles qui pèsent déjà sur son entité en Lituanie, détentrice d’une licence bancaire européenne.

L’année dernière, la Banque centrale européenne (BCE) lui a imposé certaines restrictions pour les nouveaux produits tels que des prêts immobiliers, après avoir constaté que les contrôles et les processus d’approbation associés étaient insuffisants. Au Royaume-Uni, elle a dû attendre plusieurs années avant de décrocher en 2026 une licence bancaire complète.