Google affiche pour la première fois de son histoire un flux de trésorerie disponible négatif
Pour la première fois de son histoire, le géant américain Google a affiché un flux de trésorerie disponible négatif : - 5,9 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026. Ce chiffre, inédit pour l'entreprise, intervient alors que Google poursuit une stratégie d'investissements massifs dans l'intelligence artificielle, dans un contexte de compétition intense avec Microsoft, Amazon, OpenAI et Anthropic.
Des investissements records dans l’IA
Google a indiqué jeudi qu'il investira entre 195 et 205 milliards de dollars sur l'année 2026, et non plus 180 à 190 milliards comme annoncé il y a quelques mois. Ce sera encore davantage en 2027, a-t-il prévenu.
Pour financer ces dépenses, le groupe a eu massivement recours à l’emprunt, levant des dizaines de milliards de dollars, dont une émission obligataire exceptionnelle à 100 ans. Il va aussi procéder à une augmentation de capital de 80 milliards de dollars. L’enjeu est d’accroître rapidement la puissance de calcul disponible nécessaire au fonctionnement des IA pour son compte et celui de ses clients, en multipliant la construction et l’agrandissement de ses infrastructures et centres de données.
"Nous sommes toujours confrontés à des contraintes d’approvisionnement", a reconnu Anat Ashkenazi, la directrice financière de Google.
Le bénéfice opérationnel de Google sur la période est de 40,8 milliards de dollars. Entre avril et juin 2026, le géant américain a augmenté son chiffre d'affaires de 24% par rapport à la même période il y a un an, à 119,8 milliards de dollars. Cette dynamique est largement portée par sa division cloud, dont les revenus ont accéléré de 82%, à 24,8 milliards de dollars, tirés par la forte demande des entreprises qui passent par le cloud pour intégrer davantage d'IA dans leurs processus.
Grâce aux revenus générés par son moteur de recherche, sa plateforme vidéo YouTube et ses services publicitaires automatisés, Google a dégagé 81,6 milliards de dollars de chiffre d'affaires publicitaire au second trimestre.
"La poursuite de la forte croissance de la publicité liée aux recherches vient étayer l’affirmation de Google selon laquelle l’IA vient compléter la recherche, et non la remplacer", estime Nate Elliott, analyste chez Emarketer.
Le cours de l’action Google chutait de plus de 5% à l’ouverture de Wall Street ce jeudi après l’annonce des résultats.
Sous pression, Google l’est aussi pour le lancement annoncé pour le mois de juin puis retardé de Gemini Pro 3.5, son modèle d’IA le plus avancé à destination des entreprises. Plusieurs employés ont confié à l’agence Bloomberg que les performances du modèle n’étaient toujours pas au niveau par rapport aux objectifs fixés en interne, notamment dans la génération de code, le cas d’usage le plus utilisé actuellement dans les entreprises.
Interrogé sur ce retard, le PDG de Google, Sundar Pichai, a déclaré que le modèle était en cours de test, et a assuré que l’entreprise investit déjà des ressources dans Gemini 4 afin de rivaliser avec les modèles les plus avancés d’Anthropic et OpenAI.
Google est engagé dans une course aux investissements dans l’intelligence artificielle face à Microsoft, Amazon, OpenAI et Anthropic. Cette compétition mondiale pousse les géants technologiques à accélérer leurs efforts de recherche et développement, au prix d’une pression accrue sur leurs finances et d’une volatilité boursière renforcée.