Ubisoft : chiffre d'affaires en baisse de 13,7% au premier trimestre, le titre chute à la Bourse de Paris
Ubisoft, l’un des principaux éditeurs mondiaux de jeux vidéo, a annoncé jeudi avoir enregistré un chiffre d'affaires en forte baisse de 13,7% au premier trimestre de son exercice décalé 2026-2027, à 268,2 millions d'euros. Cette publication a provoqué une réaction immédiate sur les marchés financiers : l'action Ubisoft a chuté de 14,18% à la Bourse de Paris, pour s'établir à 4,73 euros, dans un indice élargi SBF 120 en recul de 1,50%. Depuis le début de l'année, l'action d'Ubisoft a chuté de près de 26%.
Un contexte financier difficile
Ce recul du chiffre d'affaires intervient alors que le groupe avait déjà pâti d'une perte record l'an dernier de près de 1,5 milliard d'euros. Sur la période avril-juin, Ubisoft a également présenté un "net bookings" ("réservations nettes", soit les ventes hors revenus différés) en baisse de 9% au premier trimestre, à 255,8 millions d'euros. La baisse de cet indicateur de référence s'explique par une comparaison avec un premier trimestre l'an dernier "ayant bénéficié des revenus significatifs liés à "Assassin's Creed Shadows" après sa sortie en mars", a indiqué l'éditeur dans un communiqué.
Le groupe souligne toutefois faire "un peu mieux qu'espéré" sur la période. Ubisoft anticipe un deuxième trimestre "aux alentours de 370 millions d'euros" et maintient son objectif annuel d'un "net bookings" et d'une marge opérationnelle en baisse "d'un pourcentage à un chiffre élevé".
Le groupe s'est félicité du lancement réussi début juillet du nouvel opus de sa marque phare, "Assassin's Creed Black Flag Resynced", écoulé à plus de 3,5 millions d'exemplaires selon Ubisoft. Il s'agit du premier titre à sortir sous la houlette de sa nouvelle filiale : Vantage Studios. C'est "un signal encourageant" pour l'avenir du groupe, a relevé le directeur général de l'entreprise Yves Guillemot, cité dans le communiqué, qui précise que le titre a "dépassé (ses) attentes annuelles" en tout juste deux semaines.
Dans le cadre de sa réorganisation, Ubisoft a également acté en juin la fermeture de ses studios à Winnipeg (Canada) et Belgrade (Serbie), et continue la réduction de ses effectifs dans ses différentes antennes comme à Barcelone (Espagne), où des grèves contre ces licenciements ont eu lieu ces dernières semaines. Le groupe poursuit un plan de réduction des coûts d'au moins 200 millions d'euros sur deux ans, en plus des 300 millions déjà consentis ces dernières années.
Ubisoft a fait savoir aux marchés financiers qu'il avait stoppé net le développement de six jeux, dont le très attendu remake de "Prince of Persia : The Sands of Time".
Pression boursière et perspectives
La capitalisation boursière d'Ubisoft est tombée à 537 millions d'euros, son niveau le plus bas depuis 2012.
Interrogé sur l’abandon du format disque par PlayStation en 2028, lors d’un échange avec des analystes, Yves Guillemot a répondu que le fait d’avoir des consoles exclusivement numériques "permettrait de proposer des machines plus abordables", dans un contexte général de hausse des coûts liée à la flambée du prix de composants. Cette bascule "présente des avantages et des inconvénients, mais cela ne devrait pas trop perturber le secteur", a-t-il avancé.