Bernard Arnault publie une lettre de colère sur X après une série d'enquêtes du Monde sur LVMH
Dans une lettre de trois pages publiée dimanche soir sur le compte X du service de presse de LVMH, Bernard Arnault a vivement réagi à la publication de six articles du Monde consacrés à "L’empire Bernard Arnault". Cette série, parue entre le 19 et le 25 juillet 2026, dresse le portrait du leader mondial du luxe, de sa famille et des enjeux entourant sa succession.
Une réponse cinglante et ironique
Bernard Arnault, principal actionnaire et PDG de LVMH, dont la famille détient plus de 50% du capital du groupe, n'a pas laissé passer la série d'enquêtes du quotidien du soir. "Le Monde a décidé de sortir l'artillerie lourde, dénonce-t-il. Cela mérite un mot, et ce sera… Merci."
Il revient notamment sur l’un des points soulevés par l’enquête, qui affirme qu’aucun membre de sa "cour" n’est en surpoids : "Je présente mes excuses pour ce manquement à la diversité corporelle, et j’en saisirai lundi le restaurant d’entreprise."
Bernard Arnault reproche au Monde d’avoir "puni la transparence" après avoir accepté de recevoir les deux journalistes, une fois en tête-à-tête, une autre entouré de ses cinq enfants. "Je vous soupçonne, très clairement, d’avoir puni la transparence, tonne-t-il. Que cela serve d’enseignement pour vos prochains sujets."
Il souligne également qu’il s’estime moins bien traité par les journalistes du Monde que les deux frères Wertheimer, propriétaires de Chanel.
La série d'articles du Monde revient longuement sur la question de la succession à la tête de LVMH, un sujet qui alimente les spéculations depuis plusieurs mois. Des rumeurs de divisions entre les enfants et de guerre de succession circulent parmi les observateurs du groupe. Bernard Arnault avait déjà déclaré lors de l'assemblée générale de LVMH en avril dernier que le sujet de sa succession ne se poserait pas avant sept à huit ans.
Influence médiatique et indépendance
L'enquête du Monde évoque également l'influence de Bernard Arnault dans les médias, un point sur lequel il se défend fermement. Il n'accepte pas d'être accusé de faire pression sur les médias dont il est propriétaire, et encore moins dans un journal dont son gendre, Xavier Niel, est actionnaire à titre individuel. Bernard Arnault possède Les Echos, Le Parisien, Radio Classique et Paris Match. "Il faudra qu'on m'explique un jour la géométrie exacte de l'indépendance éditoriale française, suggère-t-il. Je la trouve fascinante."
Il conclut avec ironie : il continuera à pratiquer les mots croisés du Monde, "qui, eux, sont excellents".