Les prix du pétrole chutent après deux nuits sans frappes entre les Etats-Unis et l'Iran

Les prix du pétrole chutent après deux nuits sans frappes entre les Etats-Unis et l'Iran Les marchés pétroliers réagissent à la suspension des frappes et à la perspective de négociations, entraînant une baisse marquée des cours du brut.

Les cours du pétrole chutent lundi, les investisseurs se montrant soulagés par deux nuits consécutives sans frappes américaines en Iran, qui laissent la porte ouverte à de nouveaux pourparlers entre les belligérants.

Forte baisse des cours du brut

Vers 4h30, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale pour le pétrole, cédait 3,61% à 93,29 dollars. Il est même brièvement passé sous la barre des 90 dollars, lâchant plus de 5%. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), reculait de 4,18% à 85,59 dollars.

Après deux semaines de bombardements menés par les Etats-Unis en Iran, aucune nouvelle frappe n'a été signalée depuis vendredi soir. "Comme notre stratégie est essentiellement basée sur la riposte, nous avons également interrompu nos opérations", a commenté le porte-parole de l'armée iranienne Mohammad Akraminia. Selon l'ambassadeur de Washington à l'ONU Mike Waltz, Donald Trump laisse "de la place" pour des négociations avec Téhéran. Il a affirmé que les tractations se poursuivaient, tout en soulignant que le chef de l'Etat n'avait pas renoncé à la nouvelle escalade dont il a menacé la République islamique.

Le marché affiche l'espoir d'une trêve permettant le retour de la navigation dans le détroit d'Ormuz, aujourd'hui pratiquement bloquée et sous contrôle iranien. Un cinquième du brut mondial transite d'ordinaire dans ce passage stratégique.

"L'événement marquant du week-end a été la suspension des frappes contre l'Iran depuis vendredi soir, sans explication ni annonce, après treize jours de bombardements. (...) Bien qu'il soit difficile de prévoir avec certitude l'évolution de la situation, notre scénario de base reste celui d'une désescalade progressive", estime Michael Wan, de la banque MUFG. Michael Wan pointe plusieurs facteurs favorisant une accalmie : "l'armée américaine pourrait actuellement manquer de munitions suffisantes pour soutenir une guerre totale ; et les élections de mi-mandat approchent, Trump n'ayant aucun intérêt à ce que les prix du pétrole se maintiennent aux niveaux actuels". Il ajoute : "Les pays du Moyen-Orient et du Golfe ont généralement intérêt à la paix (...) enfin, certains signes indiquent également que la Chine a joué un rôle plus important dans ces négociations".

Un deuxième volet d'inquiétudes est venu s'ajouter au marché avec le blocus maritime des ports saoudiens, décidé par les rebelles houthis du Yémen, soutiens de l'Iran. Le protocole d'accord signé le 17 juin par Washington et Téhéran avait permis de faire plonger les cours, le Brent s'échangeant alors tout juste au-delà de 70 dollars, avant que la reprise des affrontements n'entraîne une nouvelle flambée des prix en juillet.

Réactions sur les autres marchés

"Si les inquiétudes liées à l'inflation s'apaisent et que le moral des investisseurs s'améliore, on peut s'attendre à des achats, notamment sur les valeurs cycliques" sur les marchés boursiers, observent les experts de Tokai Tokyo Securities. Tôt ce matin, à la Bourse de Tokyo l'indice vedette Nikkei gagnait 0,24% à 64 764 points. A Séoul, l'indice Kospi cédait en revanche 0,45%. Sydney gagnait 1,05%, Taïwan perdait 0,84%, et l'indice hongkongais Hang Seng progressait de 0,90%.

Sur le marché des changes, la monnaie japonaise regagnait 0,18% à 163,53 yens pour un dollar, après avoir glissé la semaine dernière à ses plus bas niveaux depuis 40 ans.