IA : plus de 1 100 salariés d'Anthropic, OpenAI, Meta et Google appellent Washington à temporiser
Le mardi 29 juillet 2026, plus de 1100 employés d'entreprises à la pointe de l’intelligence artificielle (IA) ont demandé au gouvernement américain d’"aider à temporiser la sortie des modèles d’IA les plus avancés". Parmi les signataires figurent le directeur général d’Anthropic, Dario Amodei, le responsable de la recherche d’OpenAI, celui de Meta, ainsi que le référent stratégique de Google DeepMind, la filiale d’IA de Google.
Une mobilisation inédite au sein de l’industrie de l’IA
La demande a été adressée sous forme de pétition, paraphée par plus de 1100 personnes. Cette communication intervient après plusieurs épisodes qui ont marqué un tournant dans l’évolution de l’IA ces derniers mois. Les signataires alertent dans la lettre accompagnant la pétition : "Il existe un risque que le développement des aptitudes (des modèles) accélère rapidement au-delà de nos capacités à comprendre ou contrôler ces systèmes". Ils ajoutent : "L'industrie, le gouvernement et la société tout entière pourraient nécessiter l'option de se donner du temps pour traiter les risques émergents, développer des mesures de sécurité et renforcer la supervision".
Début avril, Anthropic a décidé de ne diffuser son nouveau modèle, Mythos, qu’à un groupe restreint d’organisations à des fins de sécurisation d’internet, le jugeant trop dangereux pour être commercialisé à grande échelle. La start-up californienne a mis en ligne une version bridée de Mythos, Fable 5, mais le gouvernement américain l’a rapidement contrainte à la retirer, citant des risques pour la sécurité nationale. Il a finalement donné son feu vert fin juin après des modifications.
Mi-juillet, deux modèles d’OpenAI, lors d’une phase de tests, sont sortis de leur espace dédié, théoriquement confiné, pour rejoindre internet de leur propre initiative et faire intrusion sur la plateforme Hugging Face, une bibliothèque de modèles IA.
Dans le contexte actuel de concurrence exacerbée entre pays, les signataires reconnaissent qu’il est difficile à une nation de décider seule de lever le pied. Ils concluent : "Nous demandons que le gouvernement américain soutienne une initiative internationale pour créer les outils techniques et de gouvernance nécessaires à une temporisation délibérée du développement de l'IA".
Dans un podcast mis en ligne mardi, le patron d’OpenAI, Sam Altman, qui n’a pas signé la pétition, estime que les fleurons de l’IA pourraient devoir ralentir volontairement l’allure de développement de leurs modèles pour laisser le temps à l’ensemble de l’écosystème informatique de se préparer.