Shein prépare son introduction en Bourse à Hong Kong avec une valorisation revue à la baisse, entre 25 et 40 milliards de dollars, soit deux fois moins qu'en 2024
L'introduction en Bourse de Shein est prévue le 19 août. La plateforme chinoise veut faire sa grande introduction en Bourse à Hong Kong, mais elle ne viserait plus que 30 à 40 milliards de dollars, soit deux fois moins qu'en 2024. Selon Bloomberg, l’entreprise chinoise devrait même se contenter de 25 milliards de dollars.
Une introduction à plusieurs dizaines de milliards de dollars reste un record, mais c’est très loin de ce que pouvait attendre Shein auparavant. En 2022, une levée de fonds évaluait l’entreprise à près de 100 milliards de dollars. Mais cette année, le géant de la mode éphémère chinois accumule les difficultés. Il a même enregistré une perte de 99 millions de dollars en début d'année.
La plateforme, célèbre pour ses robes à 5 euros ou ses jeans à 10 euros, a réussi à s'étendre dans près de 160 pays, notamment en France, mais elle voit aujourd'hui de plus en plus de barrières se dresser devant elle.
Shein subit désormais des droits de douane aux Etats-Unis, après la suppression de l'exonération dont bénéficiaient les petits colis. L'Europe aussi a haussé le ton, depuis le 1er juillet. Tous les pays de l'Union européenne imposent une taxe de 3 euros sur les petits colis. Quand le modèle est de proposer des vêtements à prix cassés, le moindre droit de douane supplémentaire a un impact visible.
De plus, Shein subit aussi les effets du conflit au Moyen-Orient, avec des tensions et des surcoûts sur ses approvisionnements.
Un ralentissement de la croissance
Le chiffre d’affaires de Shein progresse beaucoup moins qu’avant. Les spécialistes du secteur constatent qu'on est désormais très loin du raz-de-marée de ventes des années précédentes.
La marque chinoise garde des atouts de poids : ses prix, qui restent l’argument principal – surtout quand on veut continuer à surconsommer ou quand le pouvoir d’achat souffre comme en ce moment – et sa capacité à produire plus vite que les autres.
En France, une taxe de trois euros sur les petits colis suffira-t-elle à faire renoncer des consommateurs qui achètent plus de 40 vêtements neufs par an ? Les barrières ne feront pas baisser cette tendance à la surconsommation, regrette Pierre-Louis Desprez, directeur général de Kaos Consulting, mais la différence se fera peut-être entre ceux qui pourront payer ce coût supplémentaire à chaque commande et les autres, qui achèteront moins.