Les organisations patronales mettent en garde contre toute nouvelle hausse d'impôts ou de cotisations
A l'approche des discussions sur le budget 2027, les organisations patronales refusent toute nouvelle hausse d'impôts ou de cotisations. Le président du Medef, Patrick Martin, estime que les entreprises sont déjà suffisamment mises à contribution et qu'il ne faut pas leur demander de payer davantage d'impôts, de taxes ou de cotisations pour le budget 2027. Il souligne que les entreprises doivent déjà créer de la richesse et embaucher, ce qui est déjà une prouesse au regard du contexte géopolitique.
La position du Medef est partagée par la CPME, désormais appelée Les Entrepreneurs. Son président, Amir Reza-Tofighi, demande une stabilité totale pour les entreprises et insiste sur le fait qu'aujourd'hui, beaucoup de sociétés, notamment les plus petites qu'il représente, sont déjà en très grande difficulté financière.
La crispation du patronat s'explique aussi par la perspective de voir la surtaxe, ou contribution exceptionnelle, payée en 2026 par les grandes entreprises et qui devait être temporaire, finalement prolongée en 2027.
Un tissu économique fragilisé
La France a enregistré plus de 68 000 défaillances d'entreprises en 2025, ce qui signifie autant de sociétés rayées de la carte. Selon Amir Reza-Tofighi, 2027 ne sera pas forcément une année meilleure.
Pour constituer son budget, le gouvernement Lecornu doit trouver des milliards d'euros, alors que les taux d'intérêt se sont envolés : la France emprunte désormais à plus de 4%, un niveau inédit depuis 2008. Le gouvernement reste sans majorité à l'Assemblée nationale, alors que le chômage repart à la hausse, que la croissance reste faible et que la campagne présidentielle débute.
Lors de son meeting du 23 août, Jean-Luc Mélenchon a promis que La France insoumise censurerait le gouvernement précisément sur le budget.
Un rapport avertit que le non-vote d'un budget aura de lourdes conséquences pour la France. L'application d'une loi spéciale en 2027, jusqu'à l'adoption d'un budget, dégraderait le déficit public au minimum de 0,5 point de PIB, selon l'Inspection générale des finances. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a mis en garde que sans budget 2027, le déficit public pourrait déraper jusqu'à 7%. Il espère une adoption du budget 2027 avant février et avant l'élection présidentielle.