Le prix du pétrole au plus haut depuis fin juillet après la reprise des frappes entre l'Iran et les Etats-Unis
La reprise des frappes directes entre les Etats-Unis et l’Iran fait craindre de nouvelles tensions sur l’approvisionnement. Ce regain de tensions géopolitiques au Moyen-Orient, après un mois d’accalmie, se traduit immédiatement par une flambée des prix du pétrole et une envolée des taux d’emprunt des Etats, alors que les marchés financiers mondiaux s’inquiètent d’une aggravation de l’inflation et d’une instabilité accrue.
Des prix du pétrole au plus haut depuis fin juillet
Cette nuit, le baril de WTI, la référence américaine, s’échangeait à 90,74 dollars, en hausse de 0,58%, au plus haut depuis fin juillet. Celui de Brent de la mer du Nord était à 95,45 dollars, grimpant de 0,88%. Tous deux avaient connu la veille des hausses respectives de 5,20% et 4,60%.
La flambée des prix s'explique par la crainte d'un choc sur l'approvisionnement mondial. La fermeture de fait du détroit d'Ormuz, par lequel transitait habituellement environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, ainsi que le maintien des prix de l'énergie à des niveaux élevés, renforcent les craintes d'inflation.
Après un mois d’accalmie durant lequel l’accent avait été mis par Washington sur la guerre économique, l’Iran a attaqué mercredi des bases militaires des Etats-Unis dans le Golfe en réponse à une salve de frappes américaines contre lui, la deuxième en quelques jours.
Les taux d’emprunt des Etats continuaient de flamber, alors qu’ils se situent à des niveaux records depuis plusieurs décennies. Le rendement des obligations d’Etat britanniques à 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis 1998, tandis que celui des obligations à 10 ans se situe à un niveau qui n’avait plus été observé depuis la crise financière mondiale de 2007-2008. Le rendement des obligations japonaises à 10 ans a atteint un sommet depuis 30 ans, celui des bons du Trésor américain à 30 ans s’approche de son niveau de 2007 et le rendement des obligations américaines à 10 ans se situe aux niveaux observés lors de la crise financière.
Cette situation, conjuguée aux inquiétudes concernant les dépenses publiques et à un afflux massif d’émissions de dette d’entreprise, a fait monter en flèche les anticipations de hausse des taux, exerçant une pression à la hausse sur les coûts d’emprunt de l’Etat.
Des marchés financiers sous tension
Moins confiants sur l’avenir des grandes économies et estimant que la hausse des prix va grignoter leurs marges, les acteurs des marchés demandent une compensation plus élevée pour détenir des morceaux de dette souveraine, ce qui fait grimper les taux obligataires. Les Bourses, elles, décrochent.
"Les rendements obligataires étaient déjà en hausse, et la reprise des attaques entre les Etats-Unis et l’Iran, ainsi que leur impact sur les cours du pétrole, ont renforcé les inquiétudes des investisseurs concernant les obligations", analyse Rajeev De Mello, de Gama Asset Management. "A ces niveaux, la hausse des rendements constitue clairement un frein pour les actions asiatiques, en particulier les valeurs technologiques à long terme", estime-t-il.