Le déficit commercial français atteint 6,669 milliards d'euros en juillet 2026

Le déficit commercial français atteint 6,669 milliards d'euros en juillet 2026 Les importations progressent six fois plus vite que les exportations, aggravant la dépendance énergétique et industrielle de la France.

Le déficit commercial français s’est nettement creusé au cœur de l’été 2026, atteignant 6,669 milliards d’euros en juillet, après 5,751 milliards en juin. Ce décrochage s’explique principalement par une accélération des importations, qui ont augmenté de 1,107 milliard d’euros en un mois pour s’établir à 61,346 milliards, tandis que les exportations ne progressaient que de 189 millions, à 54,677 milliards. Ainsi, la France a accru ses achats à l’étranger près de six fois plus vite que ses ventes.

Une dégradation rapide du solde commercial

Entre juin et juillet, le solde des échanges de biens s’est dégradé de 918 millions d’euros. Les exportateurs français ont maintenu un niveau élevé de ventes, supérieur à 54 milliards d’euros, sans suivre le rythme de la demande adressée aux fournisseurs étrangers. Les matériels de transport expliquent une part importante de la hausse mensuelle des importations. Les achats de produits automobiles et, dans une moindre mesure, de biens aéronautiques et spatiaux ont pesé sur le solde. Cette évolution traduit la dépendance persistante aux véhicules, aux pièces et aux équipements produits hors du territoire.

Au deuxième trimestre, l'énergie creuse un déficit de 14,1 milliards d'euros, dont 12,3 milliards pour les hydrocarbures naturels. La dégradation du solde commercial au premier semestre 2026 s'explique avant tout par l'augmentation de la facture énergétique (+5,8 milliards d'euros à 24,2 milliards) dans un contexte de fortes hausses des prix consécutives au conflit au Moyen-Orient. La facture énergétique et les déficits de l'automobile, des médicaments et des équipements technologiques pèsent sur le solde commercial.

L'automobile reste déficitaire de 5,9 milliards d'euros au deuxième trimestre.

L’aéronautique et le spatial dégagent 9,2 milliards d’euros d’excédent au deuxième trimestre, en hausse de 1,5 milliard sur trois mois. Les livraisons d’avions, de moteurs, d’équipements et de services associés continuent de procurer des recettes extérieures que peu de filières françaises peuvent égaler. Toutefois, cet excédent, bien qu’en progression, ne suffit plus à compenser la hausse des importations dans d’autres secteurs.

Les exportations françaises ont également bénéficié de la progression des livraisons d’électricité. Cette amélioration reste conjoncturelle : elle dépend notamment des prix sur les marchés de gros, davantage que d’une montée durable des volumes industriels exportés.

Un contexte de dégradation continue

Le solde commercial FAB/FAB atteint -33,9 milliards d’euros au premier semestre 2026, soit une dégradation de 7,8 milliards par rapport au second semestre 2025. En mai 2026, le solde commercial s’était déjà dégradé de 1,5 milliard d’euros pour se situer à -6,9 milliards d’euros, après une amélioration constatée en avril (+1 milliard d’euros).

Dans ce contexte, l’excédent des services est en hausse de 7,0 milliards d’euros à 29,1 milliards au premier semestre 2026, grâce aux services financiers, au tourisme et aux transports. Après un premier trimestre négatif, la contribution du commerce extérieur (en volume) à la croissance a rebondi au deuxième trimestre (+0,6 point, après −0,8 point).