L'Insee prévoit une baisse de 0,4% du pouvoir d'achat en 2026 sur fond d'inflation

L'Insee prévoit une baisse de 0,4% du pouvoir d'achat en 2026 sur fond d'inflation L'institut anticipe un recul du pouvoir d'achat pour "une large partie des ménages", sur fond d'inflation persistante et de hausse du chômage.

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dresse un tableau morose de la situation économique française pour l'année 2026. Selon ses dernières prévisions, le pouvoir d'achat devrait reculer de 0,4% sur l'ensemble de l'année, une baisse qui devrait affecter "une large partie des ménages". Cette tendance s'inscrit dans un contexte de reprise de l'inflation, de hausse des prix de l'énergie et d'un marché du travail en difficulté.

Inflation en hausse et prix de l’énergie sous tension

L’inflation repart à la hausse. L’Insee estime qu’elle devrait se rapprocher des 3% d’ici la fin de 2026. Cette poussée inflationniste touche notamment les produits alimentaires, en particulier les légumes frais, dont les prix augmentent en raison des épisodes de canicule qui ont réduit les récoltes et fait chuter les productions. Les ménages constatent également une envolée des prix à la pompe et sur leurs factures d’énergie. Le baril de pétrole dépasse les 100 dollars, conséquence du conflit dans le détroit d’Ormuz. Le prix du gaz s’envole également et les tarifs devraient continuer à progresser dans les mois à venir, notamment avec l’arrivée de l’hiver.

Face à ces hausses de prix, les revenus des ménages ne progressent pas suffisamment pour compenser. L’Insee prévoit une baisse de 0,4% du pouvoir d’achat en 2026. Cette perte touche "une large partie des ménages". Pour les foyers les plus aisés, la possibilité de puiser dans l’épargne reste une option : le taux d’épargne demeure important en France, autour de 17% du revenu, et s’établit à 17,2% du revenu disponible brut au deuxième trimestre 2026. Mais pour les ménages dont les fins de mois sont déjà difficiles, la situation promet de l’être encore davantage dans les mois à venir.

Au deuxième trimestre 2026, le produit intérieur brut est stable (+0,0% après -0,2%) et le pouvoir d’achat des ménages recule nettement (-0,6% par unité de consommation). L’acquis de croissance pour l’année 2026 est de +0,3%, un niveau modeste qui reflète la fragilité de la reprise.

Le contexte international et politique pèse sur l’activité des entreprises françaises. La plupart investissent peu, font le dos rond, voire réduisent la voilure. A l’exception de quelques rares secteurs qui se portent bien, comme la défense, le nucléaire ou l’aéronautique, les entreprises licencient plus qu’elles n’embauchent. Cette tendance se traduit par une augmentation du chômage, qui entraîne, là encore, des pertes de pouvoir d’achat pour les ménages concernés.

L’Insee souligne que le contexte électoral constitue une source supplémentaire d’incertitudes et d’inquiétudes. Cette situation politique s’ajoute à la morosité économique, renforçant les craintes des ménages et des entreprises pour les mois à venir.

Au niveau européen, l’inflation avait reflué jusqu’en février 2026 (+1,9% sur un an), regagnant la cible de la Banque centrale européenne, mais elle a été ravivée par la guerre au Moyen-Orient. La croissance en 2026 est revue à la baisse sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie, selon la Banque de France.