L'Eglise catholique face au financement de la visite du pape Léon XIV en France

L'Eglise catholique face au financement de la visite du pape Léon XIV en France L'Eglise peine à réunir les 27 millions d'euros nécessaires à la visite du Pape, misant sur dons, quêtes et ventes pour combler un déficit important.

La visite du pape Léon XIV mobilise des moyens exceptionnels en France. L'événement, qui marque la première venue d'un souverain pontife à Paris depuis Benoît XVI en 2008, s'accompagne d'un budget sans précédent pour l'Eglise catholique française. L'Eglise compte sur les dons des fidèles pour couvrir les coûts. A ce jour, la collecte couvre seulement 9 millions d'euros. Mais tout est mis en œuvre pour compléter ces recettes au cours du week-end.

Un budget record, des recettes insuffisantes

Estimé au départ à 12 millions d'euros, le budget a été considérablement alourdi par l'engouement autour de l'événement, pour atteindre environ 27 millions d'euros, soit près de sept fois plus qu'en 2008 (4 millions d'euros à l'époque). Sur ces 27 millions d'euros de dépenses que supportera l'Eglise, 20 millions correspondent uniquement à l'étape parisienne. Cela ne couvre pas les dépenses de sécurité, prises en charge par l'Etat, et dont le montant n'est pas connu.

Après de nombreux appels aux dons, "on arrive au tiers de la collecte, c'est-à-dire à 9 millions d'euros", estime le responsable de la Conférence des évêques de France (CEF). Reste donc encore 18 millions d'euros à trouver.

Pour tenter de combler ce déficit, l'Eglise multiplie les initiatives. "Les quêtes des dimanches 13 et 20 septembre en Ile-de-France ont été consacrées au financement de la venue du pape", détaille Sylvain Guillebaud, secrétaire général adjoint pour le pôle ressources et moyens de la CEF. "On a mobilisé tous nos diocèses pour encourager tout un chacun à donner." "La quête de ce dimanche sera destinée à la visite du pape."

Si "le budget de Lourdes et de Metz est à peu près couvert, pour Paris, c'est plus difficile. Il n'y a pas d'autres solutions que les appels aux dons", a expliqué le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, cette semaine sur France Inter.

Pour faciliter la générosité, des moyens de paiement dématérialisés seront disponibles pendant les différents événements : QR codes affichés sur les grands écrans, terminaux de paiement électronique pendant la quête ou encore dons possibles par SMS. Sur le site de la visite du pape en France, il est précisé que le don permet une réduction d'impôt sur le revenu égale à "66% de son montant".

Vente de produits dérivés et mécénat

La Conférence des évêques de France mise également sur des goodies à l'effigie du Pape. "Pins, sweats, gourdes, tote bags, chapelets, on a une palette de produits qui arborent le logo de l'événement afin de repartir avec un beau souvenir et de contribuer financièrement", détaille Sylvain Guillebaud. Sur le site de la visite du Pape, la boutique offre un large choix allant d'un bracelet en satin à 2 euros, jusqu'au sweat à 30 euros en passant par l'encyclique "Magnifique Humanité" publiée en mai dernier.

Le diocèse de Paris compte également sur le mécénat de grandes entreprises pour rentrer dans ses frais. Il espère par ailleurs que l'événement générera de nombreuses retombées touristiques. A titre de comparaison, la visite du pape en Espagne en juin dernier avait coûté 25 millions d'euros pour des retombées estimées de 90 à 125 millions d'euros, selon les chiffres de l'observatoire espagnol du tourisme.

Un dispositif exceptionnel a été déployé pour cette première visite à Paris de Léon XIV, plus de 18 ans après celle de Benoît XVI. Pour accueillir un million de personnes à Paris notamment lors de la déambulation du pape vendredi après-midi, près de 15 000 policiers, gendarmes et militaires de l'opération Sentinelle vont être mobilisés en plus de 2 500 sapeurs-pompiers. Des drones et un dispositif antidrone en lien avec l'armée de l'air seront déployés ainsi que des tireurs d'élite.

Le plus gros poste de dépense est consacré aux moyens techniques nécessaires aux grands rassemblements incluant les podiums, le son ou les 40 écrans géants ayant coûté chacun 50 000 euros. A Paris, 2 500 sanitaires seront installés pour un total d'un million d'euros. Il faut également compter 2,2 millions d'euros pour le déplacement des évêques et des principaux organisateurs. Une organisation confiée à l'entreprise lyonnaise GL Events. Près de 15 000 bénévoles ont par ailleurs été recrutés pour orienter les 80 000 fidèles inscrits pour la veillée de prière au Stade de France ce vendredi.

"Les diocèses s'occupent de la partie organisationnelle de l'événement tandis que les dépenses transversales aux différentes séquences sont financées de notre côté", explique-t-on au pôle ressource de la Conférence des évêques de France.

Du côté de Lourdes, le budget s'élève à 3 millions d'euros et autour de 700 000 euros à Metz, dont 250 000 euros sont pris en charge par la mairie de la ville sous le régime concordataire d'Alsace-Moselle. Si "le budget de Lourdes et de Metz est à peu près couvert, pour Paris, c'est plus difficile. Il n'y a pas d'autres solutions que les appels aux dons", a expliqué le cardinal Jean-Marc Aveline.