Snap transige avant un procès test sur l'addiction des jeunes
Après Meta, TikTok et YouTube, Snapchat a transigé à son tour à Los Angeles, ont annoncé lundi 2 novembre les avocats des plaignantes, entraînant l'annulation de ce deuxième procès test aux Etats-Unis sur l'addiction des jeunes aux réseaux sociaux. En signant un accord aux montants confidentiels deux jours avant l'ouverture des débats, Snap, maison mère de l'application Snapchat, évite à nouveau de comparaître pour la première fois devant un jury populaire.
Deux jeunes plaignantes reprochaient à l’application d’avoir été conçue afin de créer une dépendance, avec pour conséquences des dépressions, de l’anxiété et des troubles alimentaires. Snap a déclaré : "Les parties se réjouissent d’avoir pu régler cette affaire à l’amiable". Auprès de l’AFP, un porte-parole du groupe a assuré que celui-ci restait déterminé à renforcer la sécurité de ses utilisateurs, "car la sécurité n’est jamais acquise".
John Morgan et Emily Jeffcott, avocats de K.D.B., âgée de 18 ans, ont réagi : "Nous sommes fiers d’avoir obtenu justice pour nos clients dans les procès test jusqu’ici, dont K.D.B. et S.J." Selon eux, ces accords les autorisent à poursuivre leurs demandes de comptes auprès des réseaux sociaux.
Un contexte de contentieux massif
Lors du premier procès test, en mars à Los Angeles, un jury avait jugé Meta (Instagram) et YouTube (Google) négligents et accordé 6 millions de dollars à une jeune femme, une première. Snap et TikTok avaient transigé avant l’audience. Depuis, Meta, qui a fait appel, n’a plus laissé de jury se prononcer dans ces dossiers. En août, le groupe a conclu avec la quasi-totalité des Etats américains un accord de plus de 18 milliards de dollars, assorti de nouvelles limites pour les adolescents sur Instagram et Facebook.
Avant le début des débats dans ces dossiers, TikTok et Snap ont pour leur part toujours trouvé un accord. Ils ont ainsi évité que leurs documents internes et leurs dirigeants soient présentés à un jury. Evan Spiegel, le patron de Snap, devait notamment témoigner à Los Angeles.
Début 2027, d'autres procès test sont prévus contre ces géants des réseaux sociaux. Des milliers de plaintes les visant ont été regroupées devant des juges californiens. En février 2027, le prochain procès test, intenté par des districts scolaires, est prévu devant la justice fédérale d'Oakland, près de San Francisco. Les suivants doivent s’ouvrir à Los Angeles en mars 2027, selon les avocats des plaignantes.