La rémunération médiane des cadres du privé baisse de 1,8% selon l'Apec
Selon le baromètre de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) publié ce jeudi, la rémunération médiane (fixe + variable) des cadres du secteur privé s'établit cette année à 54 000 euros brut, contre 55 000 euros en 2025, soit une baisse de 1,8%. Depuis le lancement de cette enquête en 2007, leur rémunération n'avait diminué qu'à une seule reprise : en 2010, après la crise financière.
D'après les calculs de l'Apec, leur pouvoir d'achat va diminuer de 3,6% cette année, dans un contexte de reprise de l'inflation. Depuis 2007, ils auront perdu au total 11,7% de pouvoir d'achat. Cette érosion s'est accélérée depuis la crise inflationniste de 2022.
Un sentiment de dégradation généralisé
"Près de six cadres sur dix ressentent cette dégradation du pouvoir d'achat", pointe Annelore Coury, directrice générale de l'Apec. Pour cette catégorie d'actifs, la revalorisation des salaires se place donc très largement en première position des priorités.
L'emploi du secteur privé recule depuis deux ans. La conjoncture reste incertaine, sur fond de fort ralentissement de l'activité et de hausse des prix de l'énergie. Les intentions de recrutement de cadres atteignent leur niveau le plus bas. Selon une étude de l'Apec publiée fin août, 7% seulement des entreprises envisageaient d'embaucher au moins un cadre durant le troisième trimestre 2026. "Le rapport de force dans les entreprises s'est inversé", souligne Annelore Coury.
En 2026, 46% seulement des cadres ont bénéficié d'une hausse de leur rémunération globale, composée d'une part fixe et d'une part variable. Cette proportion atteignait 53% un an auparavant, après 60% en 2024. Presque toutes les fonctions sont concernées. Pour les actifs de cette catégorie dont le revenu a baissé, le recul provient de la chute de la rémunération variable. La composante fixe, de son côté, n'a pas évolué.
Les bonus et les primes sont moins souvent versés par les entreprises. En 2024, 54% des cadres touchaient ces compléments de rémunération, généralement associés à leur performance ou à celle de l'entreprise. Ils ne sont désormais plus que 48% à en bénéficier.
Traditionnellement utilisée pour augmenter son salaire, la mobilité professionnelle a elle aussi vu son efficacité reculer. Seuls 54% des cadres ayant changé d'employeur ont bénéficié d'une meilleure rémunération. En 2024 et en 2025, 60% de ceux qui avaient changé d'employeur avaient obtenu une augmentation.
Les cadres qui subissent aujourd'hui le plus gros coup de frein sur leur rémunération sont ceux âgés de 30 à 49 ans, qui sont au milieu de leur carrière professionnelle. Dans cette tranche d'âge, "la part des cadres ayant bénéficié d'une augmentation diminue de 7 à 8 points par rapport à 2025", pointe l'Apec dans son étude.
En un an, la rémunération annuelle des trentenaires est tombée de 52 000 euros brut à 51 000 euros. Chez les quadras, elle a diminué, passant de 60 000 euros brut à 58 000 euros. A l'inverse, les débuts de carrière demeurent favorables aux hausses de salaire : cette année, près de deux tiers des cadres âgés de moins de 30 ans ont bénéficié d'une amélioration de leur fiche de paie. Cette proportion reste stable.
Disparités selon la taille de l'entreprise et l'égalité femmes-hommes
Dans une société comptant moins de 50 salariés, la rémunération médiane atteint 49 000 euros brut. Elle s'élève à 61 000 euros brut au sein d'une entreprise de plus de 5 000 salariés.
En 2026, les femmes et les hommes cadres occupant des postes équivalents ont été augmentés dans les mêmes proportions. Toutefois, à profil comparable, l'écart salarial reste de 6,8%. Ce niveau est le même qu'en 2025, contre 7,1% en 2022.