L'Etat va déployer un assistant IA souverain pour un million de fonctionnaires

L'Etat va déployer un assistant IA souverain pour un million de fonctionnaires Le ministère de l'Action et des Comptes publics annonce le déploiement d'un outil alimenté par les modèles de la start-up Mistral AI, après une phase pilote de 10 000 agents.

Mardi, le ministère de l'Action et des Comptes publics a annoncé que le gouvernement va généraliser un agent conversationnel utilisant l'intelligence artificielle pour environ un million d'agents de la fonction publique de l'Etat, sur les 2,6 millions que compte la fonction publique d'Etat. Baptisé "l'Assistant", l'outil fait suite à une expérimentation de plusieurs mois auprès de 10 000 agents, a précisé le cabinet du ministre David Amiel lors d'un briefing avec la presse.

L'Assistant est "alimenté par les modèles" de la start-up française d'intelligence artificielle Mistral AI, sélectionnée par le gouvernement. Le coût de cette généralisation est estimé à 700 000 euros environ, incluant l'accès aux modèles de Mistral.

Objectifs et usages

L'exécutif souhaite donner aux agents l'occasion "de se débarrasser de tâches chronophages, de paperasse inutile, pour se concentrer sur ce qui fait le cœur de leur travail". Selon David Amiel, l'outil sera "l'équivalent de ChatGPT mais en version souveraine et sécurisée pour pouvoir faire de la recherche documentaire, des synthèses, de l'analyse des résumés". Le ministre nuance toutefois : "Il est évident que l'IA est une opportunité comme elle est une menace", alertant sur le "risque d'être dépendant de ces technologies extra-européennes".

Cette généralisation s'appuie sur un travail engagé un an plus tôt. Dans le cadre d'un appel à manifestation d'intérêt lancé en avril 2025, la Direction interministérielle du numérique (Dinum) et la Direction générale des entreprises (DGE), avec la Direction des achats de l'Etat (DAE) et la mission French Tech, ont sélectionné une centaine de solutions d'intelligence artificielle pour les administrations. Mené sous l'impulsion du ministre de l'Action publique et de la ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du numérique, cet appel constitue un socle de briques technologiques "sur étagère" mobilisables par la sphère publique.

Ce panorama insiste sur les exigences de sécurité et d'hébergement, certaines solutions étant qualifiées pour SecNumCloud, le label de l'Etat pour l'informatique en nuage de confiance. L'Assistant s'inscrit dans cette logique et répond à l'objectif de souveraineté technologique affiché par le gouvernement, afin de limiter la dépendance aux offres extra-européennes.