Le ministre du Budget appelle à cibler les dépenses sociales plutôt que les effectifs de fonctionnaires
Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a pris position dimanche 28 juin contre la stigmatisation des fonctionnaires dans le débat sur le redressement des finances publiques, alors que la question des déficits reste au cœur de l'actualité. Il a appelé à réorienter le débat vers les dépenses sociales, estimant que ce sont elles, et non les effectifs de la fonction publique, qui pèsent le plus lourdement sur le budget de l'Etat.
Les fonctionnaires "boucs émissaires" des difficultés budgétaires ?
"Je refuse que les fonctionnaires soient les boucs émissaires de nos difficultés de finances publiques", a déclaré David Amiel, soulignant la nécessité de ne pas faire porter la responsabilité des déficits publics sur les agents de l'Etat. Le ministre a insisté sur le fait que "ce n'est pas de la faute des fonctionnaires. Ce n'est pas (le) nombre d'emplois dans la fonction publique de l'Etat qui a creusé les déficits publics ces dernières années", évoquant "le poids, à l'inverse, des dépenses sociales".
Cette prise de position intervient alors que sept organisations syndicales représentatives de la Fonction publique (CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP) ont appelé à une journée de mobilisation et à des manifestations à la rentrée, "intégrant la perspective d'une grève" le 29 septembre, face à "l'absence de réponse salariale immédiate du gouvernement".
Le ministre a ainsi recentré le débat sur la structure des dépenses publiques françaises. Le budget de la sécurité sociale représente une part majeure des finances publiques, finançant notamment la santé, la retraite, la famille et le chômage. Selon les derniers chiffres disponibles, le montant global des recettes publiques françaises s'élève à 1 501,6 milliards d'euros (source : DG Trésor - Insee, 2024).
La question des rémunérations reste un point de crispation majeur. Les syndicats réclament une "revalorisation significative" de la valeur du point d’indice, gelé depuis trois ans, ainsi que le rétablissement d’une prime en faveur du pouvoir d’achat suspendue en 2024. Ils demandent également une refonte des grilles indiciaires pour offrir une "véritable progression" de carrière aux agents.
David Amiel s’est dit favorable à une refonte de la grille salariale pour offrir "une véritable progression" de carrière aux agents publics. Il a reconnu que "le problème majeur qu'on a dans la fonction publique, c'est ce sentiment que parfois, et même souvent, les efforts ne payent pas assez", ajoutant que "les promotions viennent trop tardivement, trop lentement, ne vont pas avec une augmentation de la rémunération".
Une réunion sur les rémunérations dans la fonction publique est prévue le 6 juillet entre le gouvernement et les syndicats. Le ministre a assuré que le dialogue social se poursuivrait, tout en rappelant la contrainte d'un contexte budgétaire difficile.
Une rentrée sociale sous tension
La prise de parole de David Amiel intervient alors que la fonction publique fait face à une mobilisation syndicale d’ampleur. Les revendications salariales, la question de l’attractivité des carrières et la reconnaissance du travail des agents sont au cœur des discussions. Le gouvernement, tout en cherchant à maîtriser les dépenses publiques, affirme ne pas vouloir faire des effectifs de la fonction publique la variable d’ajustement principale, préférant ouvrir le chantier d’une réforme des grilles salariales et pointer la nécessité d’une réflexion sur le poids des dépenses sociales.
Dans ce contexte, la rentrée sociale s’annonce tendue, avec une mobilisation syndicale prévue le 29 septembre et des négociations salariales qui s’annoncent déterminantes pour l’avenir du dialogue entre l’Etat et ses agents.