Les allocations chômage ne seront pas revalorisées au 1er juillet 2026, faute d'accord entre syndicats et patronat

Les allocations chômage ne seront pas revalorisées au 1er juillet 2026, faute d'accord entre syndicats et patronat Les partenaires sociaux n'ont pas trouvé de compromis sur la revalorisation des allocations chômage, qui resteront inchangées malgré la hausse des prix.

Malgré l'inflation élevée, les allocations chômage ne seront pas revalorisées au 1er juillet. Réuni ce mardi matin, le conseil d'administration de l'Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Unédic) n'a pas réussi à se départager entre le camp syndical favorable à un coup de pouce pour compenser en partie la hausse des prix et celui, patronal, du statu quo, a annoncé le régime d'assurance-chômage.

Comme chaque année, représentants patronaux et syndicaux essayent de trouver un compromis. Arguant de la forte inflation, les représentants des syndicats ont mis au vote une résolution de hausse de 2,41%, correspondant à celle récente du Smic. Mettant en avant la situation dégradée des finances de l'Unédic, les représentants du patronat sont, eux, restés collés à 0%.

Le vote s'est soldé par 25 voix pour et 25 voix contre. Selon les règles de l'Unédic, "25 pour 25 contre, il n'y a pas de décision", rappelle Denis Gravouil, présent pour la CGT, dénonçant "une outrance patronale".

Un statu quo qui suscite la frustration

La dernière revalorisation remontait au 1er juillet 2025 (+0,5%). Mi-octobre 2025, les partenaires sociaux qui pilotent le régime Agirc-Arrco avaient déjà échoué à revaloriser les retraites complémentaires.

"C'est comme si on déclarait une équipe gagnante à l'issue d'un match nul sans jouer les prolongations", a réagi, dépité, Denis Gravouil. Il rappelle que la position "totalement fermée" du patronat n'est pas une surprise puisqu'il avait tenté de l'inclure dans la dernière réforme de l'assurance-chômage, qui a abouti à un tour de vis sur les ruptures conventionnelles.

"Notre mandat était de 0%", confirme Eric Chevée pour les Entrepreneurs (ex-CPME), qui souligne néanmoins que la majorité des demandeurs d'emploi indemnisés alternent période de travail, auquel cas ils bénéficient de la revalorisation du salaire minimal légal, et périodes de chômage.

Au quatrième trimestre 2025, 2,7 millions de personnes étaient indemnisées par l'assurance-chômage, selon les chiffres de l'Unédic, dont plus de la moitié touchant moins de 1 000 euros net mensuels. L'allocation moyenne mensuelle versée était de 1 040 euros.

En France, les salariés sont assurés contre le risque de se retrouver au chômage, mais tous les demandeurs d'emploi sont loin de bénéficier d'allocations, notamment quand ils n'ont pas travaillé une durée suffisante ou s'ils ont une activité à temps partiel.