Le Medef propose une cinquantaine de mesures pour économiser 100 milliards d'euros d'ici à 2030 et ramener le déficit public à 4,2% du PIB en 2027

Le Medef propose une cinquantaine de mesures pour économiser 100 milliards d'euros d'ici à 2030 et ramener le déficit public à 4,2% du PIB en 2027 L'organisation patronale détaille un plan d'économies et de réformes fiscales visant fonctionnaires, retraités et fiscalité indirecte, tout en allégeant les charges sur les entreprises.

Le Medef, première organisation patronale représentative en France, a présenté un plan comportant une cinquantaine de mesures destinées à réaliser 100 milliards d'euros d'économies d'ici à 2030 et à assainir les finances publiques. Selon l'organisation, ces mesures permettraient 44 milliards d'euros d'économies dès 2027. De telles économies ramèneraient le déficit public à 4,2% du produit intérieur brut (PIB) en 2027, contre 5% visés par le gouvernement cette année, après 5,1% en 2025. Le déficit passerait sous 3% en 2029, conformément à l'objectif gouvernemental.

Un effort concentré sur fonctionnaires et retraités

La moitié de l'effort budgétaire reposerait sur les fonctionnaires (baisse des effectifs, gel du point d'indice salarial notamment) et les retraités (âge de départ relevé à 65 ans, retraites de base gelées l'an prochain puis sous-indexées jusqu'en 2030). Le Medef propose également d'augmenter la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités touchant plus de 2 000 euros par mois. L'organisation patronale défend par ailleurs un allègement net des cotisations sociales de 30 milliards d'euros, financé par une hausse de la TVA et une contribution accrue des retraités aisés.

Dans son plan, le Medef défend un allègement des cotisations sociales en échange d'une hausse de 2,3 points du taux de TVA. Cette mesure vise à transférer une partie du financement de la protection sociale de la masse salariale vers la consommation. Les entreprises bénéficieraient également de la fin de la surtaxe sur les bénéfices des plus grandes d'entre elles ou d'une baisse des impôts de production dès 2027.

Le Medef considère que la baisse des dépenses publiques est une solution "moins récessive" qu'une augmentation de la fiscalité. Les mesures proposées sont "issues pour la plupart de rapports de la Cour des comptes ou de l'Inspection générale des finances".

Le plan du Medef propose aussi une baisse des subventions de l'Etat aux associations, une réduction des remboursements de santé, un durcissement des droits au chômage ou encore le gel des prestations sociales.

Le Medef, présidé par Patrick Martin, entend ainsi peser dans le débat sur les arbitrages budgétaires à venir. L'organisation met en avant la nécessité de réformes structurelles pour garantir la soutenabilité des finances publiques et la compétitivité de l'économie française.