Andy Burnham devient Premier ministre britannique et hérite d'une économie marquée par une dette publique élevée et une croissance atone

Andy Burnham devient Premier ministre britannique et hérite d'une économie marquée par une dette publique élevée et une croissance atone Le nouveau chef du gouvernement britannique fait face à des marges de manœuvre budgétaires très limitées pour redresser une économie fragilisée par la dette et la faible croissance.

Andy Burnham a pris ce lundi 20 juillet ses fonctions de Premier ministre du Royaume-Uni, succédant à Keir Starmer. Il est le septième dirigeant à s'installer à Downing Street en dix ans. Dès son entrée en fonction, le nouveau chef du parti travailliste a promis un "plan sur dix ans" pour redresser le Royaume-Uni, et déclaré que son pays devait "retrouver sa stabilité".

Cette prise de fonction intervient alors que le pays traverse une période économique particulièrement délicate, caractérisée par une croissance atone, une dette publique élevée et une crise persistante du coût de la vie. Les marges de manœuvre du nouveau gouvernement apparaissent d’autant plus réduites que la situation budgétaire reste très contrainte.

Croissance en berne et dette élevée

Selon les prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la croissance britannique devrait ralentir à 0,9% cette année, après 1,4% en 2025, avant de rebondir à 1,1% en 2027. Le niveau de la dette publique atteint tout de même 100% du produit intérieur brut (PIB), et le déficit public autour de 5% du PIB (5,1% en France en 2025).

L’étude économique de l’OCDE souligne que "le niveau élevé et la volatilité des prix de l’énergie, l’accentuation des tensions budgétaires, la faible croissance de la productivité et les fortes disparités entre régions continuent de peser sur les résultats économiques". L’inflation reste "relativement soutenue", "de l’ordre de 2,8% sur un an", selon l’économiste Catherine Mathieu. Cette situation contribue à un ralentissement des salaires et à une hausse du taux de chômage.

Le nouveau gouvernement hérite d’une situation où il est "très difficile" au Royaume-Uni "de baisser les dépenses", selon Catherine Mathieu (Observatoire français des conjonctures économiques). Les tentatives récentes de réduction des dépenses sociales se sont heurtées à une forte opposition. Ainsi, la suppression de l’aide au chauffage universelle pour les retraités, annoncée à l’automne 2024, avait été abandonnée face au tollé, y laissant 1,25 milliard de livres (1,47 milliard d’euros) en 2025. De même, le plafonnement des allocations familiales au-delà de deux enfants avait été considéré comme "injuste", notamment pour les familles les plus nombreuses et les moins aisées, dans un contexte où le taux de pauvreté a considérablement augmenté ces dernières années au Royaume-Uni.

Dans leur programme de 2024, le gouvernement et les travaillistes avaient annoncé qu’ils mettraient en place des politiques dans le but d’avoir de plus fortes rentrées fiscales, mais leurs marges de manœuvre sont restées très limitées. La discipline budgétaire est jugée "essentielle" par l’OCDE, car "le niveau élevé de la dette publique, les coûts d’intérêt élevés et les pressions croissantes sur les dépenses limitent la marge de manœuvre budgétaire".

Des réformes structurelles nécessaires

Face à ces contraintes, l’OCDE estime que "le programme du gouvernement en faveur de la croissance est globalement approprié, mais pour parvenir à une croissance plus forte et plus inclusive, il faudra mener des réformes structurelles soutenues, parallèlement à des politiques macroéconomiques et budgétaires saines". L’enjeu pour le pays est désormais "d’accélérer la croissance de sa productivité" et "de rehausser le niveau de vie de sa population, tout en conservant des finances publiques saines", selon Asa Johansson (OCDE).

Le Brexit continue également de peser négativement sur l’économie britannique dix ans après la sortie de l’Union européenne. Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord" pour avoir occupé un rôle politique majeur dans le Grand Manchester et défendu les intérêts du nord de l’Angleterre, devra composer avec ces multiples défis pour tenter de relancer l’économie.

Un poids lourd européen fragilisé

Le Royaume-Uni reste la sixième économie mondiale et la deuxième économie européenne, derrière l’Allemagne et devant la France (PIB de 3 645 milliards de dollars en 2024). L’économie britannique est essentiellement portée par les services, qui représentent 80,8% de la valeur ajoutée brute en 2024. Mais la faible croissance de la productivité, les disparités régionales et la volatilité des prix de l’énergie continuent de peser sur les perspectives économiques.