La Réserve fédérale américaine maintient ses taux directeurs inchangés

La Réserve fédérale américaine maintient ses taux directeurs inchangés Malgré une inflation persistante et des pressions politiques, la Fed laisse ses taux stables pour la cinquième fois consécutive, soulignant la solidité de l'économie américaine.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé de maintenir ses taux dans la fourchette comprise entre 3,50% et 3,75% pour la cinquième fois d'affilée. Cette décision, annoncée mercredi à l'issue de la réunion du comité de politique monétaire (FOMC), intervient dans un contexte de forte inflation et de tensions géopolitiques, mais aussi sous la pression du président américain Donald Trump, qui appelait à une baisse des taux.

Une économie jugée solide par la Fed

L'économie américaine fait preuve d'"une solidité impressionnante", a jugé mercredi le président de la Fed, Kevin Warsh, lors d'une conférence de presse. Cette appréciation positive de la conjoncture a pesé dans la balance, alors que la banque centrale doit remplir un double mandat, en assurant à la fois la stabilité des prix et une situation proche du plein emploi.

Le marché du travail continue de montrer sa solidité, avec un taux de chômage faible (4,2%), même si cela s’explique en partie par une baisse du taux de participation de la main-d’œuvre, au plus bas depuis la pandémie de Covid.

La décision de la Fed intervient alors que l'inflation est repartie à la hausse ces derniers mois, principalement du fait de la guerre au Moyen-Orient consécutive aux bombardements américains et israéliens en Iran. En mai, l'indice PCE, qui est privilégié par la Fed pour déterminer sa politique monétaire, atteignait 4,1%, 0,3 point de plus qu'en avril et en hausse de 1,2 point depuis février. L'inflation aux Etats-Unis représente désormais environ le double de l'objectif à moyen terme de la Fed, fixé à 2,0%.

Face à cette inflation élevée, il n’existe pas de "baguette magique" pour l’éliminer, a déclaré Kevin Warsh, interrogé en conférence de presse sur l’absence de décision de la Fed face à cette hausse des prix tenace. "On est sur le coup et nous allons y parvenir", a-t-il affirmé, ajoutant : "nous sommes ultra concentrés afin de nous assurer que nous allons y arriver".

Les prix de l’énergie, première cause du pic d’inflation actuel, sont depuis repartis à la baisse, ils restent toutefois à un niveau bien plus élevé qu’en début d’année et très volatils selon l’évolution des hostilités.

La majorité des analystes s’attendaient à cette décision, selon l’outil de veille de CME, FedWatch. Toutefois, les discussions au sein du FOMC ont été "une vraie dispute de famille", a reconnu Kevin Warsh, alors que trois membres du FOMC, Beth Hammock, Lorie Logan et Neel Kashkari, ont fait dissension en votant finalement en faveur d’une hausse des taux, estimant que les risques d’une inflation élevée persistante priment.

Malgré ces divergences, la Fed a choisi la prudence, préférant attendre davantage de preuves sur l’évolution de l’inflation avant de modifier sa politique monétaire. Selon une majorité d’économistes interrogés par Reuters, la Fed devrait maintenir ses taux à 3,50%-3,75% jusqu'à la fin de l'année.

Le président américain Donald Trump a maintenu la pression sur la banque centrale jusqu’au dernier moment, en assurant lundi que "le rapport sur l’inflation (avait) été très bon", avec des "coûts qui baissent rapidement". Il a ainsi estimé que "les taux devraient être abaissés", réitérant sa volonté de voir la Fed adopter une politique monétaire plus accommodante.