Le parquet de Paris ouvre une enquête pour harcèlement moral présumé au sein des services du Premier ministre
Une enquête judiciaire a été ouverte pour des soupçons de harcèlement moral au sein des services du Premier ministre. Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par une série de suicides et de tentatives de suicide parmi les agents de Matignon. Deux agents se sont suicidés et deux tentatives de suicide ont été recensées depuis le mois d'octobre 2025 au sein des services de Matignon.
Dans ce contexte, des signalements au titre de l’article 40 du code de procédure pénale ont été effectués en juin par un représentant du personnel. Trois enquêtes internes ont également été ouvertes à Matignon.
Plainte pour harcèlement moral visant plusieurs responsables
L'une des fonctionnaires qui a tenté de se suicider en avril dernier a déposé plainte pour "harcèlement moral visant plusieurs responsables hiérarchiques du service de la correspondance du Premier ministre", confirme le parquet de Paris au Figaro. Sont notamment mis en cause la cheffe de service de la correspondance du Premier ministre, le chef de service par intérim, un adjoint et un dernier responsable. L'enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance à la personne.
La fonctionnaire, qui exerçait depuis 2022 au service de la correspondance du Premier ministre, décrit une mise à l'écart progressive, avec retrait de ses missions, exclusion des réunions et isolement professionnel, malgré l'activation des dispositifs internes d'alerte. D'après plusieurs témoignages recueillis par Le Figaro, ces situations s'inscriraient dans un climat de tension plus large, alimenté par l'instabilité politique — quatre Premiers ministres en deux ans —, des réorganisations successives, une baisse des effectifs et une concurrence accrue entre agents, certains évoquant des pratiques managériales particulièrement dures.
Le dispositif interne de signalement — Vigisouffrance — a enregistré une hausse des saisines ces dernières années. Une mission d’enquête plus large sur les risques psychosociaux doit également être engagée dans les prochains mois : elle doit permettre d’évaluer de manière globale les conditions de travail au sein des services, d’identifier d’éventuels dysfonctionnements structurels et de formuler des recommandations en matière de prévention.