Marine Tondelier propose de menacer d'interdire la plateforme X pendant la présidentielle en cas d'ingérences

Marine Tondelier propose de menacer d'interdire la plateforme X pendant la présidentielle en cas d'ingérences La candidate écologiste relance le débat sur l'ingérence des plateformes, provoquant une réaction virulente d'Elon Musk et un vif échange sur le rôle de X dans la campagne.

Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes et candidate à l’élection présidentielle, persiste et signe, jeudi 6 août, dans son bras de fer avec Elon Musk. Elle avait estimé la veille, dans Libération, qu’il était nécessaire "de menacer des plateformes comme X d’une interdiction pendant les élections (...) en cas d’ingérences constatées en amont".

Ce commentaire a manifestement été peu apprécié par le milliardaire Elon Musk, propriétaire de la plateforme X (ex-Twitter), puisqu’il lui a répondu à sa manière, dans un message posté sur la plateforme : "J’exige qu’on la fasse taire pour trahison envers la France !".

La candidate écologiste lui a donc adressé directement un message, publié en anglais et en français. "Cher Elon Musk, Je suis la candidate française à l’élection présidentielle que vous souhaitez "faire taire pour trahison envers la France"", a-t-elle commencé sur X, ironisant sur le fait que cette proposition n’avait "même pas de sens". La France, a poursuivi la candidate, "n’a pas à recevoir de leçons de patriotisme d’un milliardaire étranger qui estime pouvoir décider quels responsables politiques européens doivent être réduits au silence".

Elle a conclu : "La démocratie n’est pas à vendre. Pas même à l’homme le plus riche du monde. Je préfère être accusée de défendre la démocratie que d’essayer de l’acheter."

Mi-juillet, Elon Musk avait publiquement apporté son soutien à la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen, écrivant sur X : "Elle est le dernier espoir de la France". Le vice-président du RN Sébastien Chenu avait ensuite balayé les critiques, en estimant que le milliardaire américain ne faisait "pas d’ingérence" dans l’élection en donnant "son avis".

Cette passe d’armes entre Marine Tondelier et Elon Musk intervient dans un contexte marqué par plusieurs affaires récentes d’ingérences russes dans la présidentielle. Dans son entretien à Libération, la cheffe des Ecologistes reprochait à l’algorithme de X de constituer "une ingérence beaucoup plus forte dans la vie démocratique". Elle avait dénoncé un outil aux mains "d’une personne, basée aux Etats-Unis, avec une idéologie suprémaciste et qui, clairement, veut faire basculer l’Europe dans une soumission totale aux Etats-Unis".