Présidentielle 2027 : la France "ne tolérera aucune tentative d'ingérence étrangère", prévient le chef de la diplomatie

Présidentielle 2027 : la France "ne tolérera aucune tentative d'ingérence étrangère", prévient le chef de la diplomatie A huit mois de la présidentielle, le gouvernement français affiche sa fermeté après une campagne de déstabilisation attribuée à des réseaux prorusses visant plusieurs candidats.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré vendredi que la France "ne tolérera aucune tentative d’ingérence étrangère dans son débat démocratique, à plus forte raison dans ses processus électoraux". Cette mise en garde intervient à huit mois de l’élection présidentielle, après une nouvelle campagne russe visant plusieurs candidats probables à l’élection.

Des opérations de déstabilisation attribuées à des réseaux prorusses

Une série d'opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses, ont ciblé en quelques jours trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle. Edouard Philippe (Horizons, centre droit) a été calomnié sur son état de santé, Raphaël Glucksmann (Place publique, gauche) à travers sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée d'avoir soudoyé des médias pour favoriser la candidature de son compagnon, et Gabriel Attal (Renaissance, centre droit) a été notamment présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson.

Ces déclarations du ministre interviennent en réponse au leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui a critiqué jeudi soir le manque de fermeté du gouvernement et déploré que la présidentielle française soit "open bar pour tous les manipulateurs du monde". En réponse à Jean-Luc Mélenchon, qui citait un échange tendu entre la cheffe des Ecologistes, Marine Tondelier, et le patron de X, Elon Musk, Jean-Noël Barrot a toutefois appelé à faire la distinction entre des ingérences et le fait qu’un "responsable politique étranger exprime une préférence ou un rejet pour une ligne politique dans un autre pays", ce qui "ne constitue pas un acte de manipulation du débat public".

Le milliardaire américain a en effet accusé jeudi de "trahison envers la France" la candidate à la présidentielle Marine Tondelier, favorable à l'interdiction de son réseau social durant la campagne.

"Ce face à quoi nous devons être intraitables, ce sont les tentatives de falsification de notre débat démocratique via la promotion inauthentique, coordonnée et organisée en ligne de messages pensés et construits à l'étranger" destinés à influer sur l'élection, a ajouté le ministre, estimant qu'"une partie de la solution passe par la régulation des grandes plateformes".

Un risque reconnu par l’exécutif

Le gouvernement, conscient de la menace, promet de renforcer la lutte contre les manipulations à l’approche de la présidentielle de 2027. Jeudi, Sébastien Lecornu a évoqué des "perspectives de menaces lourdes" d’ingérences étrangères sur l’élection présidentielle, en esquissant quelques pistes pour mieux lutter contre ces opérations. Le risque d’ingérence "a été significatif sur les municipales, sans effet majeur", ce qui "laisse à entrevoir les perspectives de menaces lourdes sur l’élection présidentielle", et "l’ensemble de la classe politique" peut être concernée, a affirmé le Premier ministre lors d’une conférence de presse.