L'Allemagne revoit à la hausse sa croissance au deuxième trimestre 2026, avec un PIB à +0,3%
La croissance de l'Allemagne au deuxième trimestre a été légèrement revue à la hausse mardi notamment grâce à l'essor des exportations. D'avril à juin, le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,3% selon des chiffres définitifs publiés par l'institut Destatis, contre 0,2% selon l'estimation provisoire de fin juillet.
L'impact du contexte énergétique et géopolitique
La première économie européenne semble donc avoir mieux absorbé le choc énergétique provoqué par le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis et la fermeture du détroit d'Ormuz, crucial pour le commerce d'hydrocarbures. Cependant, le deuxième trimestre s'est arrêté avant la reprise des hostilités au Moyen-Orient en juillet, ravivant la volatilité des prix de l'énergie et l'incertitude.
Comme pour la croissance du premier trimestre (+0,4%), cette hausse du PIB "s'explique principalement par la bonne évolution des exportations", notamment la révision à la hausse des données du mois de juin. Par rapport au premier trimestre, les exportations de biens et de services ont ainsi progressé de 2,0%. Sur un an, l'indicateur a bondi de 3,7%. Ce pilier du modèle économique allemand, chahuté par les droits de douane américains et la concurrence féroce venue de Chine, reprend des couleurs après une année noire en 2025.
Les échanges de marchandises avec l'Union européenne ont particulièrement augmenté depuis un an dans "les produits chimiques, les équipements de traitement de données, les produits électriques et optiques ainsi que les véhicules", relève le communiqué. Dans le même temps, les importations ont aussi progressé de 1,5%, notamment dans les mêmes secteurs évoqués.
Les chiffres d'affaires du commerce de gros et de détail ont aussi participé à la réévaluation, relève le communiqué. D'avril à juin, la valeur ajoutée brute a crû de 0,4%, un rythme proche des trimestres précédents, essentiellement portée par l'industrie manufacturière. Celle-ci traverse une profonde crise, entre hausse des prix de l'énergie et perte de compétitivité à l'international.
Les investissements dans les biens d'équipement ont enregistré une hausse annuelle de 1,1%, toujours portés par les centaines de milliards d'investissement dans la défense et les infrastructures. Ceux dans la construction ont néanmoins reculé de 1,5%, principalement en raison de la forte hausse des prix.
La performance économique de l'Allemagne au deuxième trimestre a été moins bonne que la moyenne de la zone euro, en hausse trimestrielle de 0,4%. "La dynamique de croissance de l'économie allemande observée en début d'année se poursuit", a déclaré Ruth Brand, présidente de l'Office fédéral de la statistique.