Dette française : Fitch rend son verdict sur la note A+ ce vendredi soir
La dette publique française continue de susciter l'attention des marchés et des agences de notation, alors que sa charge d'intérêts s'alourdit dans un contexte de taux élevés et d'incertitudes budgétaires à l'approche de 2027.
Une dette en hausse constante, sous surveillance accrue
La dette publique française dépasse 3 500 milliards d’euros et est en hausse constante. Elle s’établit désormais à 117% du produit intérieur brut (PIB), un niveau historiquement élevé, fruit de plus d’un demi-siècle de déficits budgétaires successifs. Cette situation place la France sous la surveillance étroite des investisseurs et des agences de notation, soucieuses de la stabilité financière du pays.
Depuis septembre 2025, Fitch classe la dette souveraine française en A+, avec une perspective "stable" : la France a alors perdu son "double A", passant de AA− à A+. Cette note traduit une appréciation de la qualité de la signature française comme "de qualité moyenne supérieure". Toutefois, la perspective pourrait basculer en "négatif" si Fitch estime que la France ne montre pas de signes d'amélioration sur le front du déficit, censé atteindre 5% du PIB à la fin de l'année.
La hausse des taux d’intérêt sur les marchés internationaux a des conséquences directes et immédiates sur le coût de la dette française. La charge de la dette est passée de 29,2 milliards d’euros en cumulé sur les six premiers mois de 2025 à 34,5 milliards sur la même période de 2026, selon les chiffres de Bercy. Cette progression rapide s’explique par la nécessité de refinancer les emprunts arrivant à échéance à des taux désormais trois à quatre fois plus élevés que ceux des années 2010, où la France pouvait même emprunter à taux négatifs.
Un rapport de quatre économistes émérites estime que la charge de la dette pourrait atteindre 124 milliards d’euros en 2030, soit près de deux fois le budget actuel de l’Education nationale (hors retraites), si des économies d’ampleur ne sont pas réalisées dans les prochaines années.
Face à cette situation, le gouvernement affiche l’objectif de ramener le déficit à 5% du PIB en 2026, soit une réduction modeste de 0,1 point sur un an. La cible de déficit pour 2027 serait a minima de 4,9% du PIB. Cependant, la réalisation de ces objectifs reste incertaine dans un contexte politique marqué par l’absence de majorité à l’Assemblée nationale et la proximité de l’élection présidentielle de 2027.
"N’est pas gagné", reconnaissait par exemple Roland Lescure sur BFMTV en début de semaine, à propos de l’objectif de déficit à 5% du PIB en 2026. Les arbitrages budgétaires pour 2027 ne sont pas encore connus ; le projet de loi de finances pour 2027 doit être présenté le 30 septembre.
Risques sur la notation et réactions des marchés
La perspective de la note pourrait être abaissée à "négatif" si la trajectoire du déficit ne s’améliore pas. "Si j’étais à la place de Fitch, je garderais la note de la France inchangée pour ne pas jeter de l’huile sur le feu et envenimer la situation", confie l’économiste Bernard Blancheton au Figaro. Il ajoute : "Même si c’est encore très éloigné de ce qu’il faudrait faire pour assainir la situation, cela nous placerait sur une bonne trajectoire".
Les marchés financiers traduisent déjà une certaine nervosité. Le "spread" entre la France et l’Allemagne, qui mesure la prime de risque exigée pour prêter à la France, s’est élargi, passant de 60 points de base en mai à 85 ce jeudi 27 août. Cette évolution reflète les inquiétudes croissantes des investisseurs face à la dynamique de la dette française et à l’incertitude politique à l’approche de 2027.