Fabien Roussel officialise sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, investi par 72% des militants du PCF
Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), a officialisé dimanche soir sa candidature à l'élection présidentielle sur le plateau du 20 heures de TF1. "Oui, je suis candidat à l'élection présidentielle", a-t-il déclaré sobrement, quelques heures après la clôture du vote interne des militants communistes. Le patron du PCF, âgé de 57 ans, a été investi avec 72% des suffrages des adhérents, au terme d'un processus de désignation enclenché depuis plusieurs mois.
Déjà candidat en 2022, scrutin qui lui avait valu 2,28% des voix, le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) se lance ainsi pour la deuxième fois dans la course à l'Elysée. Il a également dévoilé son affiche de campagne et son slogan : "Vivre".
Une stratégie d'autonomie assumée au sein d'une gauche morcelée
Avec cette candidature, Fabien Roussel confirme la stratégie d'autonomie du PCF et ajoute un nom de plus à une gauche déjà morcelée. Interrogé sur cette dispersion, le dirigeant communiste a refusé d'en faire le sujet principal. "Le problème de la gauche, ce n'est pas qu'il y ait plusieurs candidats. Le problème, c'est qu'elle n'est pas majoritaire dans le pays", a-t-il affirmé. "Je souhaite contribuer à ce qu'elle le redevienne, convaincre des hommes et des femmes qui ne votent plus ou qui s'égarent dans leur vote."
Fabien Roussel a jusque-là fermé la porte à une participation à une éventuelle primaire de la gauche. Cette ligne d'indépendance ne fait pas non plus l'unanimité chez les communistes, où certains élus s'interrogent sur l'utilité d'une nouvelle candidature solitaire.
Fabien Roussel a jusque-là fermé la porte à une participation à une éventuelle primaire de la gauche. Cette ligne d'indépendance ne fait pas non plus l'unanimité chez les communistes, où certains élus s'interrogent sur l'utilité d'une nouvelle candidature solitaire.
Le candidat communiste a aussi remis en avant l'un de ses marqueurs politiques : la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales. Il a dénoncé les privilèges accordés, selon lui, aux plus riches et plaidé pour un durcissement des sanctions contre les fraudeurs, évoquant un manque à gagner de 80 à 100 milliards d'euros pour les finances publiques.
Sur le terrain budgétaire, l'ancien journaliste a jugé nécessaire que la France se dote d'un budget d'ici à la fin de l'année, tout en refusant de cautionner un texte qui ferait, selon lui, peser l'effort sur les plus fragiles. Il a notamment critiqué la possible remise en cause de l'abattement fiscal de 10% pour les retraités. "Il faut arrêter de nous mettre le pistolet sur la tempe en nous disant qu'il faut à tout prix un budget", a-t-il lancé.
Sa candidature risque toutefois de raviver les tensions avec La France insoumise. En 2022, de nombreux responsables insoumis avaient accusé le PCF d'avoir privé Jean-Luc Mélenchon de voix décisives pour accéder au second tour.
Parmi les prochains temps forts annoncés : la Fête de l'Humanité, organisée du 11 au 13 septembre à Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne.