Le taux d'intérêt de la dette française à dix ans dépasse 4,3%, un niveau inédit depuis 2008
Le taux d'intérêt de la dette française à dix ans poursuivait son envolée, à 4,3%, ce mercredi 9 septembre. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis octobre 2008, au moment de la chute de la banque Lehman Brothers. Cette progression spectaculaire intervient alors que la France, déjà lourdement endettée, doit faire face à une conjoncture économique mondiale dégradée et à des finances publiques inquiétantes.
Le coût de la dette française à dix ans dépassait 4,3%, contre 3,9% il y a un mois, et 3,6% en juin. L’Agence France Trésor a ainsi garanti à ses créanciers un rendement de 4,23% lors de son adjudication de début septembre. Ce taux était de 3,90% en août et 3,73% en juillet, et s’établissait même à 3,45% avant la guerre. Cette évolution rapide du coût de financement de la dette française s’inscrit dans un mouvement global de hausse des taux d’intérêt, mais la France apparaît particulièrement exposée.
Un contexte international tendu
Cette hausse fulgurante intervient dans un contexte de flambée mondiale des taux, sous l’effet de prix de l’énergie en augmentation depuis le déclenchement des hostilités en Iran, fin février, et de recours massif à l’endettement des Etats comme des entreprises. Face à des perspectives économiques dégradées et à la crainte de voir l’inflation rogner leurs marges, les investisseurs réclament des rendements plus élevés pour détenir des morceaux de dette souveraine. Si aucun Etat n’y échappe, la France, engluée dans ses problèmes budgétaires, est en plus mauvaise posture que la plupart des économies développées.
Le rendement du Bund allemand à dix ans s’affichait au même moment à 3,4%, et l’équivalent italien à près de 4,3%. Cette envolée sur le marché secondaire se fait déjà sentir sur les émissions de dette. Cette progression est une mauvaise nouvelle supplémentaire pour le pays, déjà lourdement endetté, et pour le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui doit bientôt annoncer comment il compte s’y prendre pour réduire le déficit en 2027, alors que ce dernier est bien parti pour déraper à nouveau cette année.