L'Italie envisage un livret prévoyance pour financer la retraite dès la naissance
L’Italie planche sur un livret prévoyance pour préparer la retraite dès l’enfance. Le principe est simple : l’Etat met de l’argent dès la naissance pour contribuer, des décennies plus tard, au financement de la future retraite. Cette proposition, portée par la Première ministre Giorgia Meloni, pourrait être intégrée au budget 2027, une mesure qui a des chances d’être adoptée.
Deux options sont en débat en Italie. Soit l'Etat effectue un premier versement de 1 000 euros, soit il verse 50 euros par mois pendant les trois premières années, c'est-à-dire 1 800 euros par enfant. A partir de là, les parents, grands-parents ou proches peuvent abonder le livret. Son titulaire pourrait ensuite continuer à alimenter son compte tout au long de sa vie d'adulte, jusqu'à son départ à la retraite.
L’objectif est de faire fructifier cette somme en plaçant l’argent sur les marchés financiers pendant des années, afin de garantir aux jeunes un complément de revenus en plus de leur pension publique. Ces systèmes de livrets, c’est en fait de la capitalisation, ni plus ni moins.
Un contexte démographique et financier tendu
Malgré les réformes et un âge légal de départ porté à 67 ans, l'équilibre du système de retraite par répartition italien n'est plus assuré. L'Italie ne fait pas assez d'enfants et sa population vieillit. D'où le projet d'intégrer ce livret au budget 2027.
L’Allemagne a, elle aussi, adopté cet été un dispositif de ce type, avec le même objectif : permettre aux jeunes de se constituer un pécule pour leurs vieux jours. L’Etat allemand verse 10 euros par mois, entre 6 et 18 ans, aux enfants scolarisés. L’argent doit ensuite rester bloqué jusqu’à la retraite. Là aussi, l’âge de départ est fixé à 67 ans et certains proposent même de le repousser jusqu’à 70 ans.
En France, l'idée revient régulièrement. Pour faire simple, étendre la capitalisation, qui existe déjà un peu pour les fonctionnaires, est surtout une idée portée par la droite et le socle commun, alors que la gauche y est majoritairement opposée. En France, le principal sujet reste encore et surtout l'âge de départ à la retraite, actuellement fixé à 62 ans et 9 mois, soit bien plus bas que chez nos voisins. Le sujet n'a donc pas fini de faire débat à l'occasion de l'élection présidentielle de 2027, alors que Sébastien Lecornu cherche à financer les retraites dans le cadre du budget.